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SOLIDARITÉ

À Arras, une résidence où il fait bon vivre ensemble

Les ateliers sont l'occasion pour les résidants de Bon Secours d'échanger, de rire et de nouer des amitiés. Les ateliers sont l'occasion pour les résidants de Bon Secours d'échanger, de rire et de nouer des amitiés.

Pas-de-Calais Habitat s'est lancé un défi : ouvrir les portes d'une résidence à des personnes de tous âges et de toutes conditions sociales afin de tisser du lien et de combattre l'isolement.



CÉLINE DEBETTE > celine.debette@nordeclair.fr
Depuis qu'elle a emménagé à l'îlot Bon-Secours avec son mari, Pascale revit. « Avant, j'habitais dans un quartier sensible, près du centre hospitalier, raconte l'Arrageoise de 47 ans. Je vivais recluse chez moi, sans jamais voir personne. Aujourd'hui, je côtoie des gens tous les jours et j'ai retrouvé une vraie joie de vivre, je me sens épanouie. » Sans emploi, elle prend plaisir à sortir de chez elle pour bavarder avec ses voisins de palier dont elle connaît les noms par coeur, comme d'une bonne partie des résidants du bâtiment. Elle en invite même certains à boire le café, d'autres à casser la croûte. Et n'hésite pas à rendre service à celles et ceux qui en ont besoin. À l'instar d'Anne-Marie.
Attablée dans une salle du rez-de-chaussée, cette dernière s'applique à réaliser une composition florale. « Je participe tous les mois à cet atelier, confie dans un grand sourire la future octogénaire. Ça permet de passer le temps, de se détendre et de tisser des liens. » C'est comme ça d'ailleurs qu'elle a sympathisé avec Nadine, de 16 ans sa cadette, qui « participe à toutes les activités proposées : les repas, les séances de gym, les exercices de mémoire... ». Cette jeune retraitée dynamique se plaît d'autant plus à Bon-Secours que « ça n'a rien d'une maison pour petits vieux ».



Un autre regard
sur le handicap

Car si 60 % des résidants sont des personnes âgées, des familles, des jeunes couples mais aussi des célibataires y vivent également. Et parmi eux, 12 trisomiques dont 4 sont en colocation en binôme.
Et de l'aveu d'Anne-Marie et de Nadine, cette cohabitation a changé leur regard sur le handicap. « Le fait de côtoyer ces jeunes régulièrement m'a permis de mieux comprendre la maladie et de ne plus ressentir de gêne. On est en quelque sorte devenues leurs mamies ici. » À ces mots, le visage de Marjorie Demelin s'illumine. Car pour l'animatrice intergénérationnelle, ça signifie simplement que le pari est en partie gagné. « L'objectif premier de cette résidence est de lutter contre le phénomène de repli sur soi et de créer du lien entre des personnes de tous âges et de toutes conditions. » Une expérience inédite en France lancée par Pas-de-Calais Habitat. « Lorsque nous nous sommes porté acquéreurs de ce bâtiment qui abritait autrefois une clinique créée par une congrégation religieuse, nous avons tenu à poursuivre la mission sociale du lieu », explique Laurent Dal, le directeur de la communication du bailleur social. Après d'importants travaux de rénovation et de réhabilitation d'un coût de 17 millions d'euros, les premiers locataires investissent, fin 2010, l'îlot dont les 70 appartements sont désormais presque tous occupés. « Ça s'est fait progressivement. Le but n'était pas de faire du remplissage, il fallait que les gens comprennent le projet et qu'ils y adhèrent. » En plus d'apporter une réponse à la problématique du logement - les loyers ne représentent pas plus de 25 % des ressources des résidants - cette initiative s'inscrit également dans une redynamisation de la vie de quartier. Car la résidence se veut un lieu ouvert vers l'extérieur. En plus de travailler avec les services de la commune tels que le centre social, elle accueille déjà une crèche interentreprises d'une trentaine de places ouverte de 6 heures à 22 heures, des associations (Uriopps, l'Immobilière sociale 62 et Down Up) et verra s'installer un centre d'appels et une supérette dans le courant de l'année.
« Ça permet de ramener de l'activité à l'échelle de la résidence tout en interagissant avec l'environnement. » Bien d'autres idées sont en cours de réflexion ou en passe d'être concrétisées. En effet, l'ancienne chapelle de la clinique pourrait devenir un lieu culturel, la vaste terrasse située au-dessus du parking doit se métamorphoser en « jardin suspendu » et une salle de convivialité avec kitchenette, bibliothèque et espace numérique s'apprête à voir le jour. Autant de démarches destinées à multiplier un peu plus les contacts entre les différents occupants du bâtiment qui semblent déjà former une grande et belle famille.w


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