La plus mauvaise blague de Bedos, le pitre grave
Publié le jeudi 02 février 2012 à 06h00
Dernier coup de gueule (?), dernière tournée (?). C'est lui qui le dit, d'où le titre de son (dernier?) spectacle, «Rideau»... Photo Hubert Van Maele
Et à un moment, c'est fini. On va faire comment maintenant, sans son costume sombre, ses petites fiches, sa revue de presse, sa cruauté qui fait basculer le rire ? Alors, on quitte le Sébasto. Dehors, il fait soudain très froid.
D'entrée de jeu, il a prévenu. Pas de standing ovation. Du moins pas au début. Après, ma foi, il ne boudera pas son plaisir. Dans un Sébasto comble, forcément, Guy Bedos nous offrait sa dernière tournée, le temps d'un étrillage en règle de tout ce qui lui fait mal. Mal au point d'en rire. Pour ne pas en pleurer. Il cite Brel qui avait « mal aux autres » et il doit avoir drôlement mal un peu partout, ce Bedos.
L'âge qui rouille les corps et dont il se moque ? C'est plus grave que cela. Plus cruel que jamais peut-être. D'une cruauté qui fait du bien à nos indignations. Quel souffle de liberté, ces phrases assassines pour clouer au pilori les petitesses, les mépris ordinaires, les racismes qui ne se cachent même plus. La scène, c'est son divan de psychanalyste à lui. Alors, il s'allonge. Tellement mieux que les cabinets feutrés des âmes brisées face à un psy « qui ne se marre pas et qui n'applaudit jamais ».
C'est écrit à l'acide, celui qui fait des trous dans les bonnes consciences, celui qui ravage. Un dernier coup de gueule, comme le dernier combat d'un boxeur. Rien à perdre, rien à prouver, tout à dire. Alors, il dézingue, il mord, il nous secoue, nous rappelle que l'Histoire, si on n'y prend garde, se répète. Le pitre grave tire sa révérence. Sa plus mauvaise blague.
FLORENCE TRAULLÉ


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contribuable : il n'y a pas de multimillionnaire au PS comme dans...
Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...