Les ambiguïtés
Publié le mardi 31 janvier 2012 à 06h00
Quarante-huit heures après l'intervention de Nicolas Sarkozy sur neuf chaînes de télévision - pas mal pour une démocratie que l'on peut qualifier d'historique et d'avancée - demeure une impression dominante : celle de l'ambiguïté de la situation dans laquelle se trouve l'homme Sarkozy aux yeux des électeurs français.
La première est de taille. Qui s'exprimait donc dimanche soir sur les écrans plats ou encore rebondis ? Le Président de la République en exercice ou bien le candidat potentiel ou non encore déclaré. L'apparat était régalien. Les journalistes à l'égal de tous les interviewers de la presse française, s'agissant du chef de l'État : bien élevés, trop, pensent nos amis anglo-saxons. Mais les propos étaient toujours ceux du combattant politique.
Deuxième ambiguïté. Est-il pensable qu'un Président en fin de mandat puisse faire des propositions de début de mandat ? Des orientations lourdes qui demandent du temps pour produire leurs premiers effets. Des propositions annoncées à douze semaines du premier tour de la présidentielle. Présentées et votées à l'Assemblée nationale à cinq mois d'un renouvellement du corps législatif. Et pour certaines applicables dans neuf mois. Franchement, on n'est pas loin d'un déni de démocratie. L'élection présidentielle et les législatives qui vont suivre sont nationales et pas européennes, même si l'Europe est essentielle à la résolution de la crise et reste le cadre historique et logique de notre développement.
Troisième ambiguïté, celle de la mise en avant quasiment obsessionnelle du modèle social et économique allemand. Faisant fi du modèle français, dont on peut penser qu'il est au bout du rouleau, mais dont on ne peut écarter la pertinence tant sur certains secteurs - celui de la santé par exemple - il a été celui qui a permis à notre pays de se relever de la défaite de 1940, des dégâts des guerres coloniales et qui font de notre pays encore la cinquième puissance économique mondiale. Ce qui n'est pas rien pour un petit pays de soixante millions d'habitants au regard des mastodontes que sont la Chine, l'Inde, le Brésil ou encore les États-Unis.
Quatrième ambiguïté, celle d'une posture présidentielle qui n'a fait tout au long de l'entretien que faire référence sans cesse au favori des sondages, François Hollande. À son programme et aux choix sociaux historiques de la gauche.
Cinquième ambiguïté, celle de laisser supposer que l'affrontement dans la campagne se fera entre les tenants d'un monde ouvert et ceux d'un protectionnisme new look. Les programmes tels qu'ils se dessinent - du moins dans la confrontation entre les deux grands partis - relèvent du clivage traditionnel entre une droite libérale au sens économique du terme et une gauche qui, sous la férule de François Hollande, est en train de devenir carrément social-démocrate, c'est-à-dire réaliste économiquement et sociale sur le plan des principes.w



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contribuable : il n'y a pas de multimillionnaire au PS comme dans...
Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...