Jacques Antonio Mellick placé en garde à vue à la PJ de Lille
Publié le mardi 31 janvier 2012 à 06h00 - BRUNO RENOUL > bruno.renoul@nordeclair.fr
Jacques Antonio Mellick en compagnie de Dominique Strauss-Kahn dans son bureau au FMI, à Washington, en janvier 2010.
Jacques Mellick fils a été placé en garde à vue hier à la PJ de Lille dans le dossier du Carlton. Le fils de l'ancien maire de Béthune a participé à deux des trois voyages organisés vers Washington.
« Je ne suis impliqué ni de près, ni de loin avec l'affaire du Carlton », écrivait en octobre Jacques Antonio Mellick, le fils de l'ancien maire de Béthune. Les juges d'instruction en charge de ce dossier de proxénétisme en bande organisée ont tout de même estimé utile de l'interroger : sur commission rogatoire, les policiers de la PJ de Lille l'ont convoqué et placé en garde à vue hier vers 11 h. Le pharmacien de Noyelles-Godault, âgé de 51 ans, a été entendu par la brigade financière, puis par la brigade de lutte contre le proxénétisme. Il est ressorti libre et sans poursuite vers 18 h 30.
« Il a tout payé de sa poche »
Jacques Antonio Mellick est a minima un témoin intéressant pour les enquêteurs, puisqu'il a pris l'avion pour Washington à deux reprises pour aller voir Dominique Strauss-Kahn, en janvier 2010 et mai 2011, en compagnie d'une de ses proches, une femme qui a également été entendue hier par les policiers.
Or, il se trouve que ces voyages sont justement dans le collimateur de la justice dans l'affaire dite du Carlton, et que Mellick s'est déplacé en compagnie de plusieurs personnes mises en examen dans ce dossier.
Il y avait là Fabrice Paszkowski, le gérant-associé d'une société lensoise de matériel médical, une vieille connaissance de la famille Mellick. C'est en compagnie de Jacques Antonio Mellick que Paszkowski a fait connaissance de DSK, lorsque ce dernier est venu soutenir Jacques Mellick père lors de sa campagne municipale de 2002. Et c'est avec lui que Jacques Antonio a lancé en 2004, dans le Pas-de-Calais, l'antenne départementale du club de soutien à DSK « À gauche en Europe ».
Lors de ces voyages, il y avait aussi le commissaire lillois Jean-Christophe Lagarde et pour celui de mai 2011, David Roquet, le patron d'une filiale d'Eiffage. Des escorts présentées comme des « secrétaires d'Eiffage » complétaient le casting.
D'après l'avocat de Jacques Mellick fils, Me Didier Cattoir, les enquêteurs souhaitaient notamment vérifier s'il a pu bénéficier d'un possible abus de biens sociaux, et s'il avait connaissance des soirées libertines. « Il a répondu qu'il avait tout payé de sa poche, les voyages comme les frais d'hôtel ou de restaurant », précise Me Cattoir, qui indique que son client n'a « pas participé à des parties fines ». Et si une des escorts présentes lors de ces virées a affirmé que Jacques Mellick connaissait la véritable raison de sa présence à Washington, Didier Cattoir maintient qu'il « ignorait que les femmes qu'il a vues là-bas étaient rémunérées ».
L'avocat confirme par ailleurs ce que Jacques Antonio Mellick avait déjà dit publiquement : « Il était à Washington pour des raisons politiques.
Pour ce qui est du voyage de mai 2011, il a vu DSK pour préparer son retour politique en France, car à l'époque, sa décision de se présenter à la présidentielle était prise. » La décision des juges, elle, n'est pas connue. Souhaitent-ils maintenant entendre Dominique Strauss-Kahn ? C'est en tout cas le voeu répété à maintes reprises par l'ancien patron du FMI.
David Roquet, patron d'une filiale d'Eiffage, a été remis en liberté vendredi dernier après son interrogatoire de mercredi. Encore incarcéré, Fabrice Paszkowski revient ce matin devant les juges d'instruction. Il a déjà été entendu le 19 décembre.Après David Roquet, libéré vendredi, Fabrice Paszkowski peut-il lui aussi espérer être remis en liberté à l'issue de son interrogatoire ?Sa défense préfère rester prudente, mais demandera sa libération au terme de cette audition. L'entrepreneur du Pas-de-Calais est désormais le dernier protagoniste encore incarcéré dans l'affaire du Carlton.Il s'agira aujourd'hui de sa deuxième rencontre avec les juges, après l'interrogatoire du 19 décembre. Tout comme Roquet, Paszkowski, ami de Dominique Strauss-Kahn, est soupçonné d'avoir rémunéré des femmes pour participer à des soirées libertines en compagnie de l'ancien patron du FMI. Il est également suspecté d'abus de biens sociaux, une partie des frais de déplacements des escorts ayant été réglée aux frais de sa société de matériel médical et de la filiale d'Eiffage dirigée par David Roquet.Selon certaines sources, les juges pourraient vouloir garder Fabrice Paszkowski en détention le temps que DSK soit auditionné, pour éviter les risques de concertation. Réponse dans quelques jours. B.R.


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contribuable : il n'y a pas de multimillionnaire au PS comme dans...
Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...