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GENDARMERIE

Brigade fluviale de La Bassée : on contrôle aussi les péniches

Chaque année, les gendarmes de la brigade fluviale de La Bassée contrôlent près de 600 bateaux sur l'ensemble des canaux de la région. En décembre, sur la Lys, 14 navires ont été inspectés. Chaque année, les gendarmes de la brigade fluviale de La Bassée contrôlent près de 600 bateaux sur l'ensemble des canaux de la région. En décembre, sur la Lys, 14 navires ont été inspectés.

Créée en 2007, la brigade fluviale de La Bassée démontre chaque jour son utilité en multipliant des missions qui restent toujours liées au monde fluvial et maritime. Chaque année, les sept militaires contrôlent plus de 600 navires.


Un matin d'hiver, le long de la Lys. Un canal aussi gris que le ciel. Un spectacle digne d'une chanson de Jacques Brel. Les gendarmes scrutent l'horizon à la recherche de péniches à contrôler. À l'instar de ce qui se fait sur les routes, la brigade fluviale de La Bassée est habilitée à contrôler et inspecter l'ensemble des navires qui croisent sur les canaux de la région. Entre autre. « Nos missions sont extrêmement diversifiées, tient à préciser l'adjudant Duquesne. Nous apportons notre soutien aux autres unités, notamment dans le cadre de recherches de personnes disparues, de sondages. Nous sommes également sollicités dans des campagnes de relèvement d'épaves. Nos plongeurs interviennent sur les véhicules immergés et nous assurons le suivi judiciaire de l'enquête. » Un travail important pour cette brigade composée de cinq sous-officiers et de deux gendarmes adjoints. Surtout si l'on ajoute des missions ponctuelles mais hautement symboliques comme la sécurisation du Rhin lors du dernier sommet de l'OTAN ou l'envoi d'hommes à Calais lors des prochains JO de Londres. Mais avec près de 600 bateaux inspectés chaque année, ces opérations de contrôle occupent une place importante dans l'emploi du temps de ces militaires aux pieds marins.


Il est 10 h 30. Des températures légèrement supérieures à zéro. Mais le pire, c'est ce vent qui vous glace les os. Des gendarmes patrouillent en navire dans le bief pour s'assurer que les mariniers ne tentent pas de s'échapper par un bras du canal. Col remonté jusqu'aux oreilles, gendarmes français et policiers belges attendent sur les écluses de Comines. « Faut faire preuve de patience », s'amuse l'un d'eux. Quelques minutes plus tôt, une infraction a été relevée sur une péniche : l'absence d'amarrage dans l'écluse. Une infraction qui peut paraître insolite pour le citoyen lambda mais qui entre dans les règles essentielles de la navigation.

L'utilisation d'un aspirateur à particules


« Nos contrôles visent une multitude d'infractions, précise le militaire. Il faut être extrêmement pointu, d'où notre spécialisation. Ça va des règles techniques au travail illégal, en passant par les stupéfiants ». À cet égard, à Comines, les autorités belges avaient amené un aspirateur à particules. « Il est censé détecter des traces même minimes de stupéfiants ou d'explosifs, explique un officier belge. Nous passons cet aspirateur sur la barre de navigation ou sur des poignées de porte et il est capable de nous dire si les personnes qui les ont utilisées ont des résidus sur les mains. » Mais l'appareil est trop sensible et doit être couplé à des maîtres-chiens.

« Si les résultats de cet appareil sont positifs, cela ne signifie pas qu'il y a de la drogue sur le bateau. Ça signifie qu'à un moment donné, un des marins a touché un objet avec de telles particules. Ça peut être un billet de banque, par exemple ». Dans ce cas, le navire est fouillé de fond en comble.
Que ce soit à Quesnoy-sur-Deûle ou à Comines, ce jour-là, les gendarmes français contrôleront 14 navires et relèveront cinq infractions, trois contraventions et deux délits. « Pour ces deux délits, les navires ont été immobilisés parce qu'ils ne respectaient pas les prescriptions techniques pour naviguer », souligne l'adjudant Duquesne.

À l'instar des véhicules immobilisés pour défaut de contrôle technique, il revient au propriétaire du navire de se mettre en conformité s'il désire reprendre sa route. Et le parallèle avec la circulation routière ne s'arrête pas là puisqu'on pourrait comparer les canaux de la région à de véritables départementales maritimes. Rien que sur la Lys, près de trente péniches de 300 à 2 000 tonnes empruntent quotidiennement cette liaison directe pour Gand.

« Il y a davantage de contrôles sur l'eau que sur la route, explique-t-on à la brigade fluviale. Ici, tous les bateaux qui passent sont minutieusement contrôlés alors que sur la route, nos collègues ne peuvent capter qu'une toute petite partie du trafic. » Créée en 2007, la brigade fluviale de La Bassée vient de fêter ses cinq années d'existence et démontre chaque jour son utilité, dans une région morcelée de canaux, qui compte pas moins de sept entrées frontalières par la voie fluviale et qui mise énormément sur le prochain canal Seine-Nord-Europe.


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