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VIDEO. Comment le V'Lille a modifié la mobilité en ville

Publié le 20/01/2012 à 00h00

Voilà quatre mois que Lille et quelques villes alentour se sont équipées de vélos libre-service. Avec des conséquences très concrètes. Explications, trois mois avant l'extension à Roubaixet Tourcoing.

VIDEO. Comment le V'Lille a modifié la mobilité en ville
Voilà quatre mois que Lille et quelques villes alentour se sont équipées de vélos libre-service. Avec des conséquences très concrètes. Explications, trois mois avant l'extension à Roubaixet Tourcoing.

Il s'est fait attendre. Mais l'impression d'être en retard d'un coup de pédale sur toutes les villes d'importance de France a certainement participé au succès inattendu et extrêmement rapide du V'Lille, vélo libre-service version ch'tie. Le vélo rouge se croise à chaque coin de rue.


« Une ville comme Lille se devait d'avoir ce service et je peux vous dire que, pour moi en tout cas, ça change tout ! » Mélanie est une utilisatrice de la première heure. Dès le 16 septembre, elle se rendait dans l'une des stations ouvertes au premier jour de cette nouveauté qui fit frémir le monde du cyclisme urbain nordiste pour s'abonner à l'année. De rapides formalités et 36 E plus tard, elle prenait une habitude qu'elle n'a pas perdue quatre mois après : aller travailler à vélo. « Avant, je prenais ma voiture pour faire le trajet quotidien entre Wazemmes et le Vieux-Lille. J'avais bien un vélo chez moi, mais à la cave, alors j'y réfléchissais à deux fois avant de le sortir... Aujourd'hui, je n'utilise ma voiture que le week-end, je fais des économies, je gagne du temps aussi et... je fais de l'exercice ! » Et d'invoquer la « liberté » retrouvée : « Je peux venir à vélo, repartir à pied, en métro... »


Manque d'expérience


Même concept apprécié de « souplesse » pour Clotilde, Lilloise d'une cinquantaine d'années. Elle ne s'est pas précipitée, a attendu de voir comment le V'Lille s'intégrait dans la ville avant de prendre son abonnement. « Je me suis rendu compte que ça créait une ambiance sympa. Et ça raccourcit les trajets, tout est beaucoup plus rapide. Avant, je marchais. Maintenant, pour me rendre de la Grand-Place au Vieux-Lille, je pédale ! » Elle n'est abonnée que depuis une semaine, mais elle ne quitte plus « son » vélo rouge.


Les témoignages démontrent que l'arrivée du V'Lille a modifié les habitudes. Mais pas les mêmes selon les utilisateurs. Certains l'ont adopté pour aller travailler, d'autres pour se balader durant leur temps libre, d'autres encore pour les soirées. « Beaucoup d'étudiants sortent en V'Lille : il suffit de voir les stations pleines à craquer le samedi soir du côté de Solférino », raconte Vincent, 23 ans.
Et puis il y a ceux qui ont ressorti leur vélo personnel, encouragés par la ferveur du deux-roues qui semble envahir Lille depuis peu. C'est le cas de Chantal et Louis. On les rencontre, tout occupés à attacher leur vélo. « C'est vrai qu'on se sent davantage en confiance pour rouler en ville. Il y a plus de vélos, donc les automobilistes semblent faire plus attention qu'avant. » Mais ils ne se contentent pas de leur vélo personnel. Ils ont choisi d'avoir le choix : « Nous sommes aussi abonnés au V'Lille. Mais quand on craint de ne pas en trouver là où on va ou quand il n'y en a plus à la station près de chez nous à Moulins, alors on prend nos vélos. »

L'ADAV, Association droit au vélo, a bien noté cette recrudescence du deux-roues. Mais elle note aussi un problème inhérent à cette « folie V'Lille » : le manque d'expérience de certains nouveaux cyclistes qui, par manque d'habitude, ne respectent pas certaines règles de sécurité. L'association pense à dispenser quelques petites formations ou imagine un « accompagnement » par binôme, entre cyclistes expérimentés et ceux qui le sont moins. L'initiative pourrait être mise en place dans l'année. Une chose qui ne sera pas déplaire à Cathy qui circule depuis des années à vélo et n'a jamais cédé à la facilité de la voiture pour faire son trajet quotidien entre Wazemmes et la gare : « Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de deux-roues, j'apprécie cela. Mais pour une cycliste comme moi qui ai l'habitude de filer dans les rues, ces nombreux "V'Lillistes" qui roulent en mode balade, parfois à deux côte à côte, ont le don de me hérisser le poil, surtout le matin ! » Tout n'est pas rose dans le monde du V'Lille, Marie, utilisatrice quotidienne, l'a aussi remarqué : « Certains font n'importe quoi. Mais ça va aller en s'améliorant. » Elle espère aussi que quelques défauts notés au fil des jours seront rectifiés à l'usage : « Le manque de plans des stations sur les vélos, les suspensions un peu rigides et, bien sûr, le manque de places dans les stations à certaines heures. » La perfection n'existe pas.



V'Lille, les coulisses par nordeclair

Nord Éclair