Hier à Lille : Sarkozy et Aubry roue dans roue, manifestants en colère
Publié le vendredi 13 janvier 2012 à 06h00 - SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
Martine Aubry n'a pas laissé le champ libre à Nicolas Sarkozy tout au long d'une journée marquée par un duel rapproché.
À cent jours de la présidentielle, Martine Aubry a marqué de près le chef de l'État lors de sa venue à Lille, dans une course-poursuite qui l'a menée à critiquer vivement Nicolas Sarkozy.
Toute la journée, ils seront restés roue dans roue. Lui dans le rôle du tenant du titre. Elle dans la tunique d'équipière modèle du challenger qu'elle a fini par endosser depuis quelques semaines.
Il ne pouvait en être autrement lors de l'étape lilloise du tour de France des voeux du Président. Présente dans tous les médias, Martine Aubry s'est élancée de bon matin, tête dans le guidon, pour dénoncer les « aboiements » de la veille de Bernard Accoyer (UMP) qui avait comparé les conséquences d'un changement de majorité à celles d'une « guerre ». « Honteux, indigne d'un président de l'Assemblée nationale », n'aura eu de cesse de marteler la première secrétaire du PS tout au long de la journée, tout à son plaisir d'évoquer l'exemplarité d'autres présidents de l'Assemblée issus de la droite, tels Séguin ou Chaban-Delmas.
« Pas le coeur aux cadeaux »
Vers midi, à la préfecture, l'accueil « républicain » est plus que frais. Le chef de l'État, selon la maire de Lille, badine, se souvient du cadeau de 2008. Un vélo, dont, dit-il, on lui rappelle régulièrement dans les raidillons du Cap Nègre que « c'est celui de Martine Aubry » . Au marquage, cette dernière ne se laisse pas entraîner sur cette pente. Aux médias, elle confie que cette année, il n'y a « pas de cadeau parce que lui n'en fait pas aux Français. Les Lillois, les Nordistes n'ont pas le coeur à ça, au moment où l'on nous supprime encore 1 000 postes d'enseignants ». La maire de Lille est déjà sur le gros braquet. Le président de la République toise sa poursuivante...
Un Président qui s'échappe lors de son discours de voeux - en danseuse - sur le bilan de la RGPP, à fond de train de réforme à poursuivre et passant même en tête le col du consensus en toute fin d'allocution. Pour Martine Aubry, pas question d'être décrochée. Elle remonte à hauteur du locataire de l'Élysée pour appeler à ce que la campagne « ne touche pas le fond, mais en vienne au fond ». « Faites-le partager à François Hollande quand il parle de moi », rétorque Nicolas Sarkozy avant de concéder : « Mais je partage votre avis, d'ailleurs, sur Accoyer. » Temps mort accepté d'un bord à l'autre. Histoire de calmer la nervosité du peloton.
Mais la course de fond, justement, ne tarde pas à reprendre sous le coup de pédale d'une Martine Aubry qui part en contre dans les locaux de la fédération PS du Nord : « Quand il a dit (hier matin) qu'il avait réduit le nombre de fonctionnaires mais qu'ils étaient mieux payés, mieux respectés, j'ai entendu un léger brouhaha dans la salle. Ce n'est pas vrai de dire que le pouvoir d'achat des fonctionnaires a augmenté quand le point d'indice est gelé en 2011 et en 2012 et qu'il a évolué moitié moins que l'inflation ces dix dernières années. »
« Président autosatisfait »
Puis la maire de Lille tance, sur la base d'un rapport parlementaire, le bilan du non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite « qui a fait économiser non pas 4 milliards, mais plutôt 100 à 200 millions ». Avant de planter une dernière banderille sur un Président « autosatisfait » qui « ne parle que d'argent aux Français. Et il ne donne qu'à ceux qui sont véritablement sa clientèle. C'est une vision libérale, financière que le président de la République impose à son projet politique ». Fin d'une étape de plat plus tactique que spectaculaire. Il reste à présent cent jours. Le contre-la-montre est lancé.w
Ils n'étaient pas très nombreux : 150 syndicalistes sur le boulevard Lebas et une grosse centaine sur la Grand-Place pour dénoncer « l'hypocrisie » des voeux du Président à Lille. Parmi eux, les lycéens roubaisiens de Van-der-Meersch.«Nicolas Sarkozy à Lille, c'est de l'hypocrisie et du cynisme. C'est pour ça que je n'ai pas voulu assister à ses voeux, que j'ai préféré manifester. C'est quand même lui qui a lancé la RGPP (révision générale des politiques publiques, ndlr). » René Dassonville, du syndicat Solidaires, fait partie de l'administration fiscale. Il juge que ses conditions de travail se sont « nettement dégradées » depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy. Alors hier, il préférait être du côté de ceux qui manifestaient plutôt que des collègues qui buvaient des bulles en écoutant les mots du chef de l'État.Avec d'autres syndicats - Unsa, CGT - et d'autres corps de métier - enseignants, employés du CHR, etc. - il tentait d'occuper le terrain de la rue, banderoles et slogans à l'appui. Mais l'appel pour la manif du boulevard Jean-Baptiste Lebas à Lille n'a pas été très entendu : ils n'étaient que 150 hier midi.« On l'aime, notre lycée » À quelques encablures de là, sur la Grand-Place, un autre rassemblement était prévu, celui du Snes-FSU, autre syndicat, uniquement enseignant celui-là, qui dénonçait aussi le « cynisme » de la venue du Président dans l'académie qui « déplore le plus grand nombre de suppressions de postes : 1 020 ! » Même succès tout relatif : à 13 heures, ils étaient à peu près 120 sous les marches du Théâtre du Nord. Mais les cris, les chants, les danses des lycéens de Van-der-Meersch, cet établissement roubaisien que le rectorat a décidé de fermer en intégrant, dès l'an prochain, ses 300 élèves au lycée voisin Jean-Rostand, ont coloré cette manif. « On l'aime, notre lycée. Il est familial, tout le monde se connaît », soupire Jeanne, élève de 1 ère. « Je ne sais pas trop si Sarkozy nous entendra, mais au moins, on fait tout pour renverser le cours des choses... » s'exclame Noémy. Et aux côtés des syndicats et de ses profs venus soutenir ces élèves engagés, elle continue à danser. B.B.


![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...
0avoir0 : Tant mieux, ça donne de l'espoir Le Pen représente...