Les collectivités font voeu de sobriété, pas de morosité
Publié le mercredi 11 janvier 2012 à 06h00 - SÉBASTIEN LEROY, AVEC LES RÉDACTIONS LOCALES > region@nordeclair.fr
Ceinture. Nombre de collectivités restreignent à nouveau leurs budgets pour leurs cérémonies de voeux. À l'heure de l'argent public rare, afficher une bonne gestion est de rigueur.
Président du conseil général du Nord, Patrick Kanner avoue une certaine lassitude à voir ressurgir un sujet qu'il estime frappé au coin d'un certain populisme anti-élus et anti-fonctionnaires. Reste que l'élu détient la palme de la baisse la plus spectaculaire du budget « voeux » pour 2012. « J'ai souhaité diminuer le braquet », admet-il en soulignant une baisse de 60 000 E pour atteindre les 200 000 E en 2012 et viser les 150 000 E en fin de mandat. Recette du régime Kanner ? « Les années précédentes, on faisait une cérémonie pour tous les agents du Département à Lille Grand Palais. C'était un beau symbole, mais ça coûtait très en cher à la location, et en transports pour faire venir tout le monde ».
Résultat, le conseil général va tester la formule « éco », en délocalisant ses voeux dans trois territoires qui correspondent au nord, au centre et au sud du département, pour des cérémonies qui ne dureront pas plus de deux heures, quand le raout au Grand Palais bloquait les agents toute une après-midi. Des agents qui n'auront pas droit cette année au traditionnel cadeau de début d'année, mais qui pourront se consoler en sachant que l'économie réalisée sera reversée sous formes de primes pour les agents les moins bien payés. Le prix total des voeux du Nord reste toutefois nettement plus élevé que ceux du Pas-de-Calais : son coût est de 3 334 E en 2012, contre 5 500 E en 2008. « Nous sommes dans une logique d'optimisation des dépenses, à tous les échelons », assure le service communication du Département.
À Roubaix, là aussi, c'est la diète. Pas encore question d'organiser la réception sous forme d'une auberge espagnole où chaque invité ramènerait ses denrées pour le buffet. Mais la Ville semble ne pas vouloir engloutir des fortunes dans ses différentes réceptions de voeux. Pas la peine de chercher des crus millésimés samedi dernier lors du traditionnel raout dédié aux personnalités.
Difficile pourtant de déterminer combien coûtent les voeux roubaisiens. Car ils émargent à plusieurs budgets : celui de l'animation, celui du protocole, celui encore des services généraux. « Nous n'avons pas encore fait les totaux » explique Christophe Magnier, directeur général des services. « Mais depuis plusieurs années, la tendance est à la sobriété » Comme la Ville a entrepris de rogner 7 millions d'euros de dépenses de fonctionnement dans l'élaboration de son futur budget, le mot « sobriété » ne rimera-t-il pas avec « austérité » ? M. Magnier ne le pense pas. Selon lui, il est difficile de faire plus d'économies sans nuire à l'esprit convivial.
Du lien social « sans chichi »
Même tendance à Tourcoing. « Depuis deux ans, on fait un effort au niveau du budget », précise la direction du cabinet du maire. Cette année, il se monte à 70 000 E, soit « une baisse de 15 % par rapport à 2011 et de 30 % par rapport à 2010 ».
Des économies sont réalisées sur les frais techniques, notamment la vidéo. Sur la taille et le poids de la carte de voeux aussi. Néanmoins, pas question de se priver « d'un moment important de retrouvailles », au cours duquel on cultive « le lien social », note-t-on au cabinet du maire. Michel-François Delannoy ne disait pas autre chose en 2009 au tout début de la crise. Pour lui, aujourd'hui comme hier, la cérémonie des voeux reste « un moment de partage collectif (...) Et le jour où ça ira mieux, on ne dépensera pas plus pour autant » .
À Lille, on rationalise les coûts. Les voeux aux forces vives du maire se confondent avec ceux de la présidente de la communauté urbaine. Double financement, donc, pour une cérémonie qui a eu lieu lundi soir à l'hôtel de ville : 15 000 E de la Ville et 15 000 E de LMCU. Soit « une baisse de 20 % » par rapport à l'an passé, assure Pierre de Saintignon, premier adjoint en charge des cordons de la bourse municipale. Les 3 000 invités ont picoré dans un buffet sans chichi et sans champagne, remplacé par un crémant. Côté ambiance, Lille a donné dans le minimalisme avec des décors recyclés et un jeu de lumières rouges pour la chaleur. « C'est une période où l'on doit faire attention, il n'est pas besoin d'être sophistiqué », note l'élu.
Les petites communes aussi
Par ailleurs pour les voeux dans les dix quartiers lillois, le budget est limité à 150 E par quartier. La Ville souhaite aussi une bonne année à son personnel. La cérémonie est prévue lundi prochain, mais là, c'est cacahuètes et jus d'orange. Autre signe que la mairie de Lille a serré les boulons : les adjoints sont privés de cérémonies de voeux personnelles et n'ont pas non plus de carte de voeux sur papier. Ils sont désormais incités à envoyer des cartes virtuelles. Les temps changent.
Dans les petites communes, non plus, il n'y a pas de petites économies. À Mouvaux par exemple, le 18 janvier prochain, la salle Bercker fera le plein pour la cérémonie des voeux d'Éric Durand, maire UMP. Pas question toutefois de verser dans le sublime. « Tout est fait en ressources internes, sans chichi, souligne Éric Durand. On n'a pas de société de production pour le film qui est réalisé par le club des cinéastes amateurs de Mouvaux, pas de présentateur de la soirée... ». Le budget ? « Rien de dispendieux. 1 000 E, pour les boissons... » Pour l'élu, les voeux n'en restent pas moins « un moment important de rassemblement. C'est aussi l'occasion d'échanger et de discuter avec la population. Et c'est indispensable en période de crise ! Les gens ont besoin d'être rassurés. ». Se serrer la ceinture, d'accord. Mais pas une raison pour tomber dans les excès inverses pour autant.
À la tête de la petite commune du Béthunois de 2 600 habitants depuis 14 ans, l'élu communiste a décidé, cette année encore, de ne pas organiser de cérémonie de voeux. Un choix partisan, et surtout solidaire en faveur des plus fragiles.En 2011, vous avez créé le buzz en annulant la traditionnelle cérémonie des voeux. Qu'est-ce qui a motivé cette décision ? >> Mon but n'était pas de faire un coup médiatique, je cogitais ça depuis un moment. Avant la crise, j'avais déjà diminué le budget dévolu aux voeux, considérant qu'on n'était pas là pour faire un gueuleton sur le dos des contribuables.Et puis, en 2011, j'ai carrément décidé d'annuler la cérémonie. Mais ça ne m'empêche pas d'envoyer une carte et un agenda, confectionnés à titre gracieux par une personne du village qui travaille dans une imprimerie, à l'ensemble des 1 000 foyers. Qu'en pense la population ? >> Je n'ai eu que de très bons échos. D'autant que les 2 200 E qui, auparavant étaient utilisés pour la cérémonie, ont servi cette année à financer 65 colis distribués aux plus démunis. Ça permet de faire plaisir à ceux qui sont dans le besoin. Et, par la même occasion, de faire marcher l'économie locale puisque dans chaque colis, il y a un bon de 15 E à dépenser chez un agriculteur de Bouvigny. C'est donc bien plus que symbolique... >> En tant que membre du CCAS, je me rends compte que la misère s'installe. À travers cette démarche, je veux aussi montrer l'exemple. J'ai appris qu'à Verquigneul et à Vimy, les élus ont, eux aussi, décidé d'annuler la cérémonie. Malheureusement, dans les grandes villes, ça ne bouge pas encore... PROPOS RECUEILLIS PAR C.D.



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Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...
0avoir0 : Tant mieux, ça donne de l'espoir Le Pen représente...