Actualités de la région

L'éducation et les diplômes au bout des doigts

Publié le 05/01/2012 à 00h00

La journée mondiale du braille, célébrée hier, était l'occasion de visiter l'atelier lillois où sont retranscrits, depuis trente ans, les manuels scolaires et sujets d'examens en relief pour les aveugles.

L'éducation et les diplômes au bout des doigts
La journée mondiale du braille, célébrée hier, était l'occasion de visiter l'atelier lillois où sont retranscrits, depuis trente ans, les manuels scolaires et sujets d'examens en relief pour les aveugles.

C'est la référence nationale. Créé en 1982, le service braille du Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de Lille retranscrit manuels scolaires et sujets d'examens en relief pour les élèves non-voyants. La journée mondiale du braille, célébrée hier, était l'occasion de visiter les ateliers.


La retranscription en braille des manuels de français, maths, biologie ou histoire-géographie est un véritable travail de titan. « On reçoit une cinquantaine de demandes par an, émanant de particuliers et d'enseignants de toute la France , indique Sylvain Quenee, coordinateur du service.
Mais on ne peut en traiter qu'une douzaine. » C'est qu'il faut compter trois mois en moyenne pour traduire un seul manuel en braille. Et le service ne dispose que de quatre transcripteurs pour les textes et deux pour les dessins. « On peut lire sur Internet que ça prend 10 minutes, mais ce n'est vrai que quand il n'y a que du texte, qu'on a le bon logiciel et la bonne imprimante. » Une imprimante qui coûte tout de même la modique somme de 20 000 E.
Les sujets d'examens de toute la France


Pour les formules mathématiques et autres graphiques, rien ne remplace l'expérience des transcripteurs. Et quand il s'agit de reproduire des cartes de géographie ou des iconographies, c'est au poste de Jocelyne Laihem que ça se passe. « Pour une seule carte dans un manuel, il faut en compter trois ou quatre en braille. On doit traiter les informations séparément. » Les reliefs sur l'une, les fleuves sur une autre, les densités de population... Et chacune s'accompagne d'une description. Un travail fastidieux qui implique que le transcripteur fasse des choix. « Quand on a commencé, il y a trente ans, dès qu'il y avait une image dans un manuel, c'est qu'elle avait un intérêt pédagogique. Ce n'est plus vrai aujourd'hui. » Et quand on sait qu'un manuel retranscrit en braille passe d'un à trois volumes, on comprend qu'on ne puisse pas tout traiter.


La production de tous ces documents pédagogiques est également faite sur place, de manière artisanale. Dans un atelier au sous-sol, un ouvrier imprime une page après l'autre et relie tout à la main. Dans son bureau, Jocelyne Laihem sort les cartes sur une petite imprimante avant de passer « le papier dans un petit four pour faire ressortir les reliefs. Tous les documents sont faits un à un. » Une tâche qui prend des proportions considérables quand il faut éditer les sujets d'examens.


Depuis sa création, le service braille du CRDP travaille en effet avec pratiquement toutes les académies de France. « Brevet des collèges, baccalauréat, certains partiels universitaires, énumère Sylvain Quenee. On commence à les réaliser à partir du mois de février. » Difficile en revanche de donner des chiffres. « Ça varie d'une année sur l'autre. L'an dernier par exemple, on n'a pas eu de brailliste au baccalauréat. » Méconnu du grand public, ce service mène pourtant chaque jour une louable mission : permettre à tous les élèves non-voyants d'accéder à la culture et à l'éducation.

Nord Éclair