Vous êtes ici : Accueil > Actualités de la région

FÊTE RELIGIEUSE

Un réveillon de Noël à la mode polonaise

À chaque veille de Noël, Léon et Stasia invitent un petit bout de la Pologne à leur table. À chaque veille de Noël, Léon et Stasia invitent un petit bout de la Pologne à leur table.

Pour Stasia et Léon Napora, un couple héninois d'origine polonaise, la fête de Noël c'est sacré. Ce soir, comme chaque année, ils mettent les petits plats dans les grands afin de célébrer, selon les traditions héritées de leur culture, ce temps fort religieux.



Installée depuis 35 ans à Hénin-Beaumont, Stasia Napora a néanmoins conservé de sa Pologne natale, un charmant petit accent, ainsi qu'un attachement viscéral aux traditions entourant les fêtes religieuses. Et autant dire qu'elles sont nombreuses en ce qui concerne Noël. Ne serait-ce que pour le seul repas... « Le soir du réveillon, à l'apparition de la première étoile dans le ciel, on commence par se partager l'oplatek (du pain azyme semblable à l'hostie, ndlr) tout en s'échangeant des voeux. Et après la prière, prononcée par les parents, on s'assoit à table. » Et c'est parti pour une longue succession de plats. Tout commence avec différentes soupes, à la betterave rouge et aux ravioles de morilles sèches, aux pois cassés, aux champignons, puis avec les pierogi, de plus grosses ravioles farcies qui précédent le poisson, « car on ne mange pas de viande le 24 décembre ». Carpe en gelée, hareng à la crème, saumon... une fois encore, il y a pléthore. Tout comme les desserts parmi lesquels figurent le traditionnel kutia avec ses graines de pavot, son miel, ses raisins et ses écorces d'orange confites mélangés à une base de blé, mais aussi le sernik, un gâteau au fromage blanc ou encore le makowiec. Le tout accompagné d'une boisson aux fruits, l'alcool étant, lui aussi, banni du repas de veille de Noël.
D'où le malaise de Stasia lors de son premier réveillon en France. C'était en 1976, chez son beau-frère. « Dans nos assiettes, il y avait des escargots, des cuisses de grenouilles, du foie gras, du boudin... J'étais complètement dépaysée », se souvient-elle. Depuis, c'est elle qui se charge du menu, profitant quand elle le peut, d'un aller-retour en Pologne pour ramener des produits du cru. Mais son plus grand rêve serait de prolonger son séjour le temps des fêtes. « Mes deux soeurs habitent encore là-bas. Et, j'aimerais énormément les retrouver à Noël et y emmener mes trois enfants et mes trois petits-enfants », confie-t-elle, tout en précisant qu'elle a bon espoir que son souhait se concrétise en 2012. En attendant, cette année, elle passe le réveillon en tête à tête avec son mari. Et « même si on n'est qu'à deux, pas question de déroger aux traditions » .
Ce soir seulement, ils installeront la crèche et décoreront le sapin qui illuminera leur foyer au moins jusqu'au 2 février, le temps que le prêtre vienne le bénir. Puis ils rejoindront les rangs de leur chorale, Moniuszko, à l'église de Dourges pour interpréter, lors de la messe de minuit, les Koledy, ces fameux chants célébrant la naissance de Jésus, l'arrivée des Rois mages... Et parce que Noël est une fête de famille et de partage, les Napora n'oublient pas ceux qui sont partis. « Nous allons déposer des lanternes sur la tombe de mes parents, explique Léon, l'époux de Stasia. C'est une façon de signifier qu'ils sont avec nous. » Cette culture en héritage Né dans le bassin minier après que ses parents, des immigrés polonais, s'y sont installés pour travailler au fond, il en apprend chaque jour un peu plus sur ses racines, grâce à sa femme. « On parlait beaucoup polonais à la maison, mais ma mère ne m'a pourtant pas transmis toutes ces traditions. » Philippe, le fils cadet de Léon et Stasia, se félicite que ses parents aient pris le soin de lui léguer cette culture qui, à ses yeux, fait partie de son « identité ». Véritable cordon bleu, il prend particulièrement plaisir à concocter les spécialités polonaises, tout en y apportant sa touche personnelle. « C'est une manière d'innover », conçoit le jeune homme de 26 ans.


Et pour Stasia, de « ramener et de continuer à faire vivre un petit bout de la Pologne chez nous », sourit-elle, avant de conclure par un tonitruant « wesolych swiat bozego navodzenia ovaz Szczesliewego nowego roku ! ». Autrement dit, « joyeuse fête de Noël et bonne année !
 ».w


Réagir à l'article

Tous les champs sont obligatoires.

Pas encore inscrit ?

Infos locales

Dessin du jour

Cocorico "Cocorico"

Cinéma

Le dimanche à Cannes, c'est le jour des drames... Le dimanche à Cannes, c'est le jour des drames...

Hier entraient en compétition Michael Haneke et Tomas Vinterberg. Le premier Palme d'or en 2009 pour Le ruban blanc, le second Prix du jury en 1998 pour Festen. Des habitués, qui ont frappé très très fort.

les lecteurs
  • Note actuelle 2.67/4

Les autres sorties

Sur la route de celluloïde

Toujours à l'affiche

Restos

 Les meilleures recettes de nos chefs Les meilleures recettes de nos chefs

Les jeunes chefs de l'Athénée (B.) nous ont livré quelques-uns de leurs secrets : voici pour vous les recettes des meilleurs plats de fête qui ont bousculé nos papilles. A vos fourneaux!

Les autres restos...