Médico-social : la Vie Active tire la sonnette d'alarme
Publié le mardi 20 décembre 2011 à 06h00 - CÉLINE DEBETTE > celine.debette@nordeclair.fr
Les responsables d'établissements médico-sociaux attendent un geste financier de l'agence régionale de santé.
C'est un cri de détresse que lancent les chefs d'établissements médico-sociaux, gérés par l'association La Vie Active. Confrontés à des déficits budgétaires structurels, ils dénoncent l'inadéquation entre les moyens alloués et les besoins des populations qu'ils accueillent.
« Pour nous, c'est toujours la même rengaine, on sait que notre vie sera un éternel parcours d'obstacles. Et ça ne va pas en s'améliorant », soupire, dépitée, Anne Deranty, la maman d'Eloïse. Car aujourd'hui, sa fille trisomique, âgée de 17 ans, n'a plus de suivi orthophonique depuis que la sécurité sociale ne prend plus en charge ses séances chez un spécialiste libéral. « On m'a dit que ces soins faisaient partie des prestations que doit effectuer l'IME (Institut médico-éducatif, ndlr) Jean-Jaurès, où elle est accueillie depuis plusieurs années. » Sauf que l'établissement arrageois en question n'a pas les moyens de payer une orthophoniste à temps plein...
Des budgets « rongés »
« L'Agence régionale de santé (ARS) rogne de plus en plus sur nos budgets, qui ne nous permettent même pas de fonctionner sur une année complète » , déplore Laurent Bossu, son directeur, alors obligé de jongler entre ses différents postes de dépense. « En étant en déficit partout, on n'a pas des milliers de leviers : soit on réduit le nombre de places, soit on fait des économies sur le fonctionnement ou le personnel en ne remplaçant pas les départs en retraite. Quoi qu'il en soit, tout cela se fait au détriment des gens qu'on accueille, car ce sont eux qui pâtissent le plus de la situation. » À la tête de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) d'Arras, Aurélien Innocenti ne dit pas autre chose.
« Le problème c'est que le taux d'évolution de nos budgets est systématiquement inférieur à l'inflation et ne prend pas en compte la recrudescence et les nouveaux besoins des personnes dépendantes. » La même problématique se pose pour Richard Brichet, son homologue de l'institut d'éducation motrice (IEM), qui s'occupe de 60 enfants polyhandicapés. Ce dernier n'hésite pas à pointer du doigt quelques « aberrations » du système de dotations : « En 2013, j'aurais un magnifique bâtiment tout neuf, qui remplacera nos anciens locaux vétustes, pourtant, je ne pourrais peut-être pas le faire tourner... » De nombreux points d'interrogation subsistent quant à l'avenir de ces structures. D'autant que les chefs d'établissement ne seront fixés qu'en avril sur les nouveaux moyens qu'ils se verront alloués. « On navigue à vue », s'inquiète Aurélien Innocenti, qui espère, comme ses confrères, obtenir un geste de l'ARS.
Car à l'heure actuelle, cette dernière ne consacre, selon eux, que 11 % de son budget global au médico-social. « On entend peser un peu plus que ça, il est donc nécessaire de revoir l'attribution des priorités. » Richard Brichet, amer, s'interroge : « Quand on voit le peu de cas que l'on fait des personnes vulnérables, on peut se demander dans quelle société nous allons tendre. Il faut arrêter de penser productivité et bourse en permanence et redonner une place à l'humain. »


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Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...
0avoir0 : Tant mieux, ça donne de l'espoir Le Pen représente...