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LILLE

Fermez les yeux, laissez-vous aller à Louis Aguilar & the Crocodile Tears

Louis Aguilar, ne sait pas seulement écrire de belles mélodies, il sait aussi s'entourer de musiciens capables de leur donner un supplément de vie. DR Louis Aguilar, ne sait pas seulement écrire de belles mélodies, il sait aussi s'entourer de musiciens capables de leur donner un supplément de vie. DR

Des États-Unis, il est revenu les bras couverts de tatouages et la tête pleine de mélodies folk teintées d'americana qui font le miel de son 1er album, à découvrir ce mercredi la Maison Folie de Wazemmes.

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Enfant, vous êtes-vous jamais demandé si le monde disparaissait lorsque vous fermiez les yeux ? C'est un peu de ce sentiment qui revit à l'écoute de Close Your Eyes, You're Invisible, le « premier vrai album » de Louis Aguilar qui, pour l'occasion, s'est entouré des Crocodiles Tears, à savoir Brendan O'Regan à la basse et Nicolas Degrande aux fûts. Le jeune musicien lillois - il a 21 ans - affiche sur cet album une maturité impressionnante. Sa voix grave et charnelle instaure une atmosphère cotonneuse et onirique dans laquelle il fait bon se laisser voguer.
Louis Aguilar offre là un chapelet de petites perles joliment travaillées, à mi-chemin du folk, de la country et d'une americana vaguement lo-fi, un poil post-rock. Small Town, avec son clavier ronflant, met en scène la solitude et l'ennui sans jamais y tomber. Love, ode à la peau des filles qui fait battre les coeurs est doucement sensuelle, tandis que Tales Of a Rockin Boat va clairement faire taper des pieds sous les tables.


Au coeur du Midwest
Cette maturité, qui sonne avec tant d'évidence à chaque tournant de l'album, est tout sauf feinte. Louis Aguilar a déjà trois albums au compteur en solo. Et même s'ils considèrent qu'il a « peut-être été trop vite », ceux qui les ont entendus savent que s'y cachent quelques pépites.
Et puis le jeune homme grattait déjà sa guitare dans les bars lillois il y a une demi-douzaine d'années...
Depuis, Louis Aguilar a pris le temps de se forger le parcours dont il rêvait. Américanophile, il est allé passer un an outre-Atlantique. En 2009, il s'inscrit dans « une petite fac, dans le Missouri », qu'il fréquente « par intermittence ». Il passe le plus clair de son temps avec The Brady Wilson Band, un groupe de country. « On a fait la tournée des rodéos du Midwest, on jouait dans les saloons » , explique Louis. « On passait notre temps sur les routes, en pick-up, avec la caravane, à écouter Dylan, Elisabeth Cotten et Woody Guthrie ». On imagine d'ici les paysages à perte de vue et la poussière qui vole.
Entre deux dates, il s'adonne avec application à son autre passion : le tatouage. « J'en ai 39, aux dernières nouvelles », expose-t-il.
« Le toucan, là, c'est en hommage à Saint-Louis ». Un petit éléphant sur la main, « parce qu'il aime l'imagerie du cirque » . Il relève son autre manche et pointe une fleur. « Un japonais m'a expliqué que les Yakuza se faisaient faire ça ». À son retour, en 2010, il reprend son chemin de chanteur solo, tranquillement. Il lui faudra quelques mois pour se décider à passer le pas. « C'était après un concert avec Roken Is Dodelijk, au Nouveau Casino. Je me suis dit: j'en ai marre d'être seul ». Avec Maxime Ternois, compagnon de route de Roken qui vient de créer Ah Bon ? Production, il décide de passer au « recrutement ». Ils ne chercheront pas longtemps. « On se connaissait déjà, on avait déjà partagé la scène et on passait de plus en plus de temps ensemble... ça paraissait normal » , explique Brendan O'Regan avec son petit accent irlandais à faire craquer les fans de Guiness. Idem pour Nicolas Degrande, qui joue avec Roken.
Pour cet album, deadline oblige, tous les morceaux sont cependant du cru exclusif de Louis Aguilar, « sauf peut-être Love, qu'on a écrit au cours d'un boeuf ». Peut-être leur manière de faire changera dans le futur, mais cette formule a en tout cas donné naissance à un album taillé pour se faire une place de choix dans les « incontournables » de 2012. Si vous en doutez, allez donc vous faire votre propre idée, ce mercredi soir, à la fête que donne Louis Aguilar and the Crococile Tears à la Maison Folie de Wazemmes. w Louis Aguilar & The Crocodile Tears. À partir de 20h30, Maison Folie de Wazemmes (Auberge). 3 E.


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