Convalescente, l'automobile cherche des voies d'avenir
Publié le mardi 06 décembre 2011 à 06h00 - SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
La filière auto a perdu 10 000 emplois dans la région depuis 2008. Une restructuration brutale, mais des pistes d'avenir se font jour pour préserver le socle d'emplois.
La région aime à se définir comme la deuxième de France en matière d'industrie automobile. De fait, malgré la forte décrue consécutive à la crise de 2008, le secteur reste, avec plus 35 000 salariés dédiés à cette activité, le principal pourvoyeur d'emploi industriel de la région. Mais les chiffres sont révélateurs : 10 000 emplois ont été détruits dans l'affaire, hors intérimaires.
Toute la question est de savoir aujourd'hui si la restructuration de la filière est terminée, où si la forte décrue amorcée il y a trois ans n'est que le prélude d'un drame social à l'égal de ce qu'a déjà connu la région avec la sidérurgie ou l'exploitation minière, au décours des années 1980.
Philippe Julie, délégué régional de l'agence régionale de l'industrie automobile (ARIA) ne minimise en rien les difficultés. « En 2007, nous étions à 900 000 véhicules assemblés dans la région. En 2009, nous avons atteint un point bas avec 550 000 véhicules produits. » La faute, selon le responsable du secteur, à un marché national et d'Europe occidentale « saturé et atone ». Et si Philippe Julie nuance le chiffre en affirmant qu'au niveau mondial le marché est en croissance, cette nuance s'accompagne du constat lucide que la production se fait aussi désormais au plus près des zones de croissance de ce marché, l'Asie, l'Amérique Latine ou encore l'Europe de l'Est.
« Mais les ajustements liés à la crise sont plutôt derrière nous », affirme avec un optimisme prudent le délégué général de l'Aria. « On peut raisonnablement espérer qu'avec les beaux projets portés par les grands groupes implantés dans la région, le secteur va devenir à nouveau recruteur, à défaut d'être créateur d'emploi. »
Mutation et innovation
Certains projets sont déjà en cours de réalisation, d'autres sont pour le moyen terme, frappés au coin de l'innovation technologique. Philippe Julie cite volontiers Renault Douai « actuellement en sous-charge », mais qui devrait connaître une embellie avec le renouvellement de la Scenic auquel s'ajoutent ceux de l'Espace et de la Laguna. Mais aussi l'embauche de 800 salariés en plus de 3 500 actuels à Toyota Onnaing début 2012 pour la Yaris III et les 25 millions investis sur le site pour développer le modèle « full hybride ». À MCA Maubeuge, la Kangoo électrique et le petit utilitaire de Mercedes donnent de la visibilité, tout comme les 220 millions investis pour produire, en 2014, 400 000 nouvelles boîtes à double embrayage en donnent à UMV Trith-Saint-Léger. Sans parler de l'investissement sur le moteur économe de la Française de Mécanique (Douvrin) prévu pour entrer en fabrication en 2013 (lire ci-contre).
Le climat est donc certes morose. L'attention portée par les pouvoirs publics aux 2 800 emplois de Sevelnord (Hordain) dans le cadre d'une cellule de suivi et d'anticipation industrielle montre à quel point la situation reste fragile. Mais la volonté des industriels de s'asseoir à une même table présidée par l'État et la Région au sein d'un pôle régional destiné à rationaliser l'aide financière et pérenniser l'activité indique aussi que l'espoir reste un horizon pour un secteur en pleine mutation.



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Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...
0avoir0 : Tant mieux, ça donne de l'espoir Le Pen représente...