Cancers : « Le Nord - Pas-de-Calais est dans le rouge »
Publié le mardi 29 novembre 2011 à 06h00 - PROPOS RECUEILLIS PAR BÉRANGÈRE BARRET > berangere.barret@nordeclair.fr
Le comité Nord de la Ligue contre le cancer fêtait la semaine dernière son cinquantenaire.... « Cinquante ans de lutte contre le cancer », résume simplement Gérard Depadt, son président depuis 1985 et ancien chirurgien au centre de lutte contre le cancer de Lille. Il revient sur les missions du comité.
Voilà cinquante ans que le Comité Nord de la Ligue contre le cancer existe. Quelle évolution avez-vous noté ?
>> Le nombre d'adhérents a augmenté. Notre association a commencé avec quelques membres. Aujourd'hui, ils sont 25 000. Notre budget a lui aussi progressé : il est de deux millions d'euros par an. Mais on se demande s'il se maintiendra cette année...
D'où vient-il, ce budget ?
>> Essentiellement de la cotisation des adhérents (8 E minimum), de dons, de legs. Et un peu de la part des institutions (conseil général du Nord, régional). Aujourd'hui, nous voudrions toucher davantage les entreprises, mais ce n'est pas forcément facile. Pour ce qui est de l'organisation de la Ligue, il y a 103 comités départementaux, tous indépendants mais réunis sous l'égide d'une fédération nationale de la Ligue contre le cancer, dont je suis le secrétaire général.
Rappelez-nous la teneur de vos missions...
>> Nous en avons trois principales. D'abord, l'aide à la recherche. Essentiellement, pour nous, dans le département du Nord. Nous apportons des fonds aux laboratoires des facultés, à l'institut de recherche pour le cancer de Lille (l'IRCL), au centre Oscar-Lambret. Sur le plan national, nous nous intéressons à de belles opérations, comme par exemple la CIT, la Carte d'identité des tumeurs. Celle-ci permettra de mieux apprécier le potentiel évolutif d'une tumeur, savoir s'il faut donner un traitement complémentaire, par exemple si sur tel cancer du sein, il faut une chimiothérapie ou non. Cela permettra de porter un diagnostic plus juste.
Où en est la recherche sur le cancer d'une manière générale ?
>> D'énormes progrès ont été réalisés.
Les chercheurs ont bien démonté le processus de cancérogénèse : pourquoi une cellule va dévier et devenir cancéreuse. Nous avons d'ailleurs de bonnes équipes à Lille. La recherche est très dynamique dans le Nord.
On a récemment parlé de très gros progrès concernant le sida. On évoque même une décroissance de la maladie. Peut-on espérer la même chose prochainement pour le cancer ?
>> Que répondre ?... Ce qu'on peut dire, c'est qu'on a fait d'énormes progrès en matière de traitement. Aujourd'hui, plus d'un malade sur deux est vivant cinq ans après la découverte de sa maladie. Quand j'ai commencé la cancérologie, c'était un sur trois. Par ailleurs, la chirurgie est moins mutilante, la chimio a moins d'effets toxiques.
Après l'aide à la recherche, quelle est votre seconde mission ?
>> L'aide aux malades, sur le plan psychologique, notamment. Nous organisons des groupes de parole, des ateliers de création, d'écriture, de soins esthétiques. Très importants, les soins esthétiques. Nous aidons aussi les malades à obtenir des prêts auprès des banques, malgré leur maladie : c'est la garantie bleue. Il y a aussi l'aide financière aux malades : les assistants sociaux nous envoient des dossiers, nous apportons des aides ponctuelles. Nous avons un aspect social très important, surtout dans notre département.
Vous avez une troisième mission...
>> Oui, l'information, la prévention, le dépistage. Nous voulons faire savoir que le cancer se guérit mais peut aussi se prévenir. Nous travaillons beaucoup à la promotion du dépistage.
Le Nord - Pas-de-Calais présente-t-il des particularités concernant cette maladie ?
>> Oui. On est dans le rouge. Nous ne l'avons pas toujours été : ce n'était pas le cas avant les années 50... Mais depuis, l'état de santé de la population du Nord s'est dégradé : il y a l'hygiène, les problèmes d'alcool. On détient un record en matière de cancers VADS (des voies aérodigestives supérieures). C'est dû à l'association alcool-tabac, fréquent au sein des populations précaires. Le dépistage est aussi plus difficile dans notre région. Le manque d'exercice physique y est également plus fréquent.
Quelles sont les prochaines actions du comité Nord de la Ligue contre le cancer ?
>> Il y aura le relais pour la vie, les 12 et 13 mai prochains à Baisieux. Vingt-quatre heures de course, de marche avec la participation de malades. Nous voulons montrer que nous sommes tous avec eux. Cela se terminera par un moment d'émotion - la cérémonie des lumières - pour rendre hommage aux personnes disparues, victimes du cancer.



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Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...
0avoir0 : Tant mieux, ça donne de l'espoir Le Pen représente...