« Des bus partaient de la rue Thiers pour aller dans les bars de Dodo la Saumure »
Publié le dimanche 20 novembre 2011 à 06h00
Le bâtiment de la rue Thiers accueille plusieurs loges qui sont parmi les plus influentes de la région au sein du Grand orient. Photo Nord éclair
D'après le témoignage d'un habitué du Grand Orient de France, les réunions maçonniques de la rue Thiers se finissaient souvent, ces dernières années, par des déplacements - parfois en bus - vers des établissements prostitutionnels en Belgique.
Avec ses amis, tous d'anciens familiers du Grand Orient de France (GOF), Thierry (1) n'a pas du tout été « étonné » lorsque l'affaire Carlton a éclaté en octobre. « On a tout de suite fait la relation avec des « frères » de loges de la rue Thiers. On a bien compris que le silence qu'il y avait autour de ce dossier, le caractère très "sensible" de l'affaire, s'expliquaient par la présence dans l'instruction de notables qui fréquentent ces loges », dit-il. Le Grand Orient, Thierry l'a fréquenté pendant plusieurs décennies, avant de le quitter. Pour des raisons personnelles, il ne se sentait plus en phase avec ses membres. « On était loin des objectifs poursuivis par les humanistes », regrette l'homme qui a cotoyé la rue Thiers à plusieurs reprises en tant que « visiteur », mais n'était pas présent lui-même pour vivre les événements qui ont suivi, et qu'il qualifie de « dérives ».
« Pratique régulière »
Il raconte : « J'ai commencé à en entendre parler il y a deux-trois ans, notamment par l'une de mes meilleures connaissances, toujours membre du GOF. » Selon lui, des déplacements ont commencé à être programmés à l'issue des réunions d'une des loges de la rue Thiers. « C'est René Kojfer, lui-même membre du GOF, qui s'occupait de l'organisation. » Direction Tournai en Belgique, et les maisons closes de « Dodo la Saumure ». Ces « afters » se seraient d'abord cantonnés à quelques membres. « Mais parfois, il y avait carrément des bus qui partaient de la rue Thiers pour aller de l'autre côté de la frontière. Pour assurer le retour dans de bonnes conditions au petit matin », assure Thierry. Et de préciser que ces virées n'étaient pas occasionnelles mais relevaient bien d'une « pratique régulière » . Qui payait pour la location des bus ? Kojfer touchait-il une gratification pour ce service rendu à « Dodo » ? Autant de questions que ne manquent pas de se poser les magistrats en charge de l'affaire.
Thierry évoque aussi au moins une soirée avec des prostituées, en présence de « frères » policiers, dans un restaurant de Wazemmes, là encore après une réunion de la loge. S'agit-il du même restaurant que celui dont avait parlé Jade, une des escorts citées dans le dossier, et qui avait évoqué des parties fines organisées dans un établissement lillois en présence de Béa, la femme de « Dodo » ?
En tout cas, cette drôle « d'atmosphère » aurait plongé quelques frères dans une certaine gêne. Beaucoup ont préféré prendre leurs distances, espacer leurs participations aux réunions des loges. Ce qui visiblement n'était pas chose facile : « Kojfer et d'autres revenaient toujours à la charge, avec insistance, pour leur demander de revenir. Aujourd'hui, ils sont bien contents d'avoir tenu bon... » . w
MORAD BELKADI
(1) Le prénom a été modifié


![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...
0avoir0 : Tant mieux, ça donne de l'espoir Le Pen représente...