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Les votes urbains et « bobo » au rendez-vous

Publié le 11/10/2011 à 00h00

Un coup d'oeil sur les résultats permet d'établir une petite sociologie du vote de dimanche : Aubry forte en ville, dans son fief ; Hollande en tête là où il était soutenu par des élus ; et Montebourg star des classes moyennes supérieures.

Les votes urbains et « bobo » au rendez-vous
Un coup d'oeil sur les résultats permet d'établir une petite sociologie du vote de dimanche : Aubry forte en ville, dans son fief ; Hollande en tête là où il était soutenu par des élus ; et Montebourg star des classes moyennes supérieures.



La primaire a séduit dans la région. La participation atteint les 5,23 % dans le Nord et tutoie les 5 % dans le Pas-de-Calais. Un engouement sensible en zone urbaine. Dans le Nord, Lille (11,83 %), Gravelines (9,6 %) ou encore Villeneuve d'Ascq (8,70 %) et Dunkerque (8,53 %), enregistrent une adhésion plus large qu'ailleurs.
Peu de classes populaires À ce stade, il faut battre en brèche l'idée selon laquelle les catégories populaires sont venues en nombre. À Denain par exemple, seuls 535 des 10 741 inscrits se sont déplacés. Roubaix, réputée pour son abstentionnisme massif dépasse à peine la moyenne départementale 5,28 % de participation (2 409 votants). Tourcoing ne l'atteint pas (4,56 %, 3 475 votants), avec des scores de participation plus faibles dans les quartiers Nord en difficulté que dans le centre-ville. Reste qu'en milieu populaire, dans la région c'est bien Martine Aubry qui s'impose.


La participation importante dans les zones périurbaines comme la Pévèle ou le Mélantois semble indiquer, a contrario, que les classes moyennes, voire supérieures, intéressées à la politique, ont été au rendez-vous. Ces secteurs constituent au passage un réservoir de voix efficace pour Martine Aubry qui y fait plus de 50 %.
À l'instar du reste du pays, François Hollande se comporte, quant à lui, plutôt bien en milieu rural. C'est flagrant dans le Pas-de-Calais, comme du côté de Bapaume ou d'Hucqueliers.
Mais cet effet ruralité est souvent annulé par ce qu'il convient d'appeler un effet « soutien ». En effet, lors de ce premier tour, les électeurs ont rarement voté le contraire des positions de l'élu local de référence, quand ce dernier en avait pris. Une forme de vote légitimiste sans doute fortement amplifié par l'intense campagne de terrain opérée par les militants. Ainsi, le bassin minier (Lens, Béthune, Liévin) s'est, comme prévu, montré fidèle à François Hollande, tout comme à Boulogne ou Dunkerque.
Montebourg, vote « bobo » ?
À l'inverse, la mobilisation a été payante en terre aubryste, dans la métropole notamment, où la maire de Lille a bénéficié semble-t-il d'une forme de reconnaissance locale. Or, c'est dans ce secteur que la réserve de voix était la plus forte et elle y a fait le plein. À noter enfin que là où Martine Aubry fait ses moins bons scores, Arnaud Montebourg fait ses meilleurs, comme à La Chapelle d'Armentières, ce qui tend à démonter une perméabilité de l'électorat entre ces deux candidats. Le troisième homme fait, en outre, de bons scores en zone périurbaine (Chéreng, Cysoing, Templeuve), accréditant l'idée d'un vote "bobo" en sa faveur.w
S.L.

Nord Éclair