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La famille de la petite Camille face au présumé « poseur de bombe »

Publié le 23/09/2011 à 00h00

Cinq membres de la famille Dewailly étaient au Maroc hier pour le premier jour de procès des suspects de l'attentat de Marrakech. La petite Camille, originaire d'Herlies, avait perdu la vie dans l'explosion.

La famille de la petite Camille face au présumé « poseur de bombe »
Cinq membres de la famille Dewailly étaient au Maroc hier pour le premier jour de procès des suspects de l'attentat de Marrakech. La petite Camille, originaire d'Herlies, avait perdu la vie dans l'explosion.



Tous n'ont pas pu venir. Dans la salle d'audience hier, il y avait Isabelle Dewailly, la maman de Camille. Nathalie, la tante, et trois autres membres de la famille. Patrick, le papa, est toujours hospitalisé à Lille. Dans l'attentat il a perdu une jambe et « se bat admirablement », confient des proches, pour se rétablir.
De l'avis de tous, la famille Dewailly fait preuve d'« énormément de courage ». « Ce sont des gens exceptionnels, soudés, qui se battent », a déclaré hier Marie-Françoise Auger, le maire d'Herlies. Pour l'abbé Carton, curé de la paroisse, « il ne s'agit pas de toujours reparler de ce drame, mais plutôt de les porter dans la prière, d'être présents autour d'eux, d'être là quand il faut. Le procès, c'est certain, sera une étape ».


Le suspect revient
sur ses aveux

C'était hier le premier jour d'audience, à Rabat au Maroc. Une audience « très comparable à nos audiences en France », a détaillé hier l'avocat de la famille, Frank Berton. Après les questions de procédure, le principal suspect, Adil Al-Atmani, a été entendu. Après avoir reconnu les faits devant un juge d'instruction, quelques jours après l'attentat, il s'est rétracté hier : « On avait entendu dire qu'il était revenu sur ses aveux, mais on ne pensait pas qu'il irait jusqu'à nier l'évidence », a commenté hier soir maître Berton. Pour l'avocat, le fait d'être désormais totalement dans la négation est sans nul doute un « système de défense ».
Difficile à supporter toutefois pour les familles des victimes : « Pour Isabelle, la maman de Camille, c'est de la lâcheté. Elle pensait qu'il reconnaîtrait les faits. Il les a reconnus dans les procès-verbaux successifs, et là, devant les victimes, il n'a pas le courage de le faire. »
« J'ai brandi la photo de Camille : il a baissé les yeux »
Pour la famille de Camille, le plus difficile est « de voir le poseur de bombe (présumé, ndlr). Isabelle et ses proches ne l'avaient jamais vu ». Maître Berton raconte qu'il a interpellé le suspect durant l'audience : « Je lui ai dit : "Vous avez reconnu précédemment que vous aviez repéré un enfant quand vous avez posé la bombe". Il a répondu qu'il se souvenait avoir vu une famille de six personnes. Et là, j'ai brandi devant lui la photo de Camille et il a baissé les yeux. » Les neuf accusés sont jeunes, précise Frank Berton : « On a été étonné de constater qu'ils n'avaient que 20 à 30 ans. » Il faudra attendre jeudi prochain pour le deuxième jour d'audience. Isabelle Dewailly ignore encore si elle va témoigner. Son avocat, à l'instar des autres parties civiles, ne s'associera pas en tout cas aux éventuelles réquisitions du parquet pour la peine de mort : « La colère, le désir de vengeance, il y en a, forcément. Mais la raison doit l'emporter. Et si Isabelle Dewailly est là, c'est avant tout en mémoire de sa petite Camille. » w Lire aussi page 40.

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