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ÉCONOMIE

Dans la tête de créateurs d'entreprises

Le salon Créer, à Lille, est avant tout un espace de conseils. Le salon Créer, à Lille, est avant tout un espace de conseils.

Le salon Créer, jusqu'à ce soir à Lille Grand Palais, fourmille de porteurs de projets.Leurs idées en tête, ils s'apprêtent à franchir les obstacles de la création d'activité.



Le salon Créer est immense. Près de 170 exposants, des conférences par dizaines aux quatre coins de Lille Grand Palais, des visites de personnalités qui donnent lieu à autant de cocktails raffinés... Mais malgré le fourmillement, on les repère facilement, les futurs créateurs d'entreprises.
Ils sont en file indienne devant les stands des nombreux réseaux d'accompagnement. On les voit discuter avec verve et conviction sur les stands des banques ou absorbés dans la lecture des statuts juridiques ouverts aux créateurs. Avec leurs liasses de documents sous le bras et leurs airs concentrés, on les imagine sans mal survolés par de petits nuages où flottent leurs rêves de futurs créateurs.

« Il fallait passer le cap »

Berthold Muanza et Christophe La Spina, deux quadras Lillois, sont de ceux là. Il y a quinze ans, ils ont usé leurs fonds de culottes sur les bancs de la fac d'Histoire, avant que leurs choix professionnels ne les séparent. Berthold est devenu consultant dans un cabinet d'audit, Christophe travaille dans les ressources humaines. Cela fait plusieurs années que l'idée de créer une entreprise leur trottait dans la tête. Il y a quelques mois, ils ont décidé de se lancer, comme l'explique Berthold Muanza. « On voulait monter un projet à deux, pouvoir piloter vraiment les choses. Après 15 ans en entreprise, on a senti qu'il fallait passer le cap ». Christophe La Spina, qui précise que le duo est « en phase active de business plan, avec pour objectif d'être prêt pour janvier 2012 », se dit conscient des obstacles à lever sur le chemin qui va de l'idée à la réalisation. « C'est complexe, stressant. Mais on a envie ! Et puis... On va gagner de l'autonomie. Le revers, c'est le poids de la responsabilité, c'est comme ça ».

« En quête de financements »

Didier Werhung, sexagénaire, consultant en marketing, s'apprête, lui, à changer de vie. Avec sa compagne, il vient d'acheter un domaine « avec un très beau bâtiment du XVIIe, au coeur de la Dordogne ». Le couple veut créer des chambres d'hôtes et « proposer des formations dans le domaine du bien-être, de la santé ». « On a le projet, on a identifié le lieu...

Maintenant, on est en quête de financements ». S'il arpente le salon, « c'est pour questionner, écouter les conseils et s'inspirer des idées nouvelles ».
D'autres sont moins avancés, mais cela ne les empêche pas de poser les premiers pas sur le chemin. C'est le cas de Constant Harvergt et Adrien Laboure, tout juste la vingtaine, qui sortent d'un BTS en mécanique obtenu à Tourcoing. « L'idée de créer une boîte est née pendant nos études, d'autant plus que nos profs nous ont présenté les dispositifs », explique Constant, qui espère lancer un jour son entreprise d'installateur électrique. Adrien, lui, vise le marché du service aux entreprises. « Mon père est à fond derrière moi, il ne me pousse pas, mais m'a dit qu'il était prêt à me soutenir », expose-t-il, visiblement rassuré par le fait que son père « a déjà pas mal de réseaux dans ce milieu ». Mais s'ils ont poussé la porte du salon pour partir en quête d'infos, ils ne prévoient ni l'un ni l'autre de créer une entreprise dans l'immédiat. « Il faut d'abord se faire un peu la main, et un peu d'argent, en bossant dans une entreprise », expose Constant.
« Et puis, ça ne ferait pas crédible, un gars de 20 ans devant le client... », rigole Adrien.

Envie d'indépendance

Avec son petit polo aux tons pastel sur les épaules, Mathieu Pinart, 23 ans, est pour sa part encore à l'école. Il suit un M2 à Skema, une école de commerce de Lille. Il a déjà « quelques idées » et a envie « de se lancer dans l'Internet ». Mais ses projets sont encore très flous. Une chose est sûre, pourtant, il veut être patron pour ne pas avoir à en avoir un... « Je créerai ma boîte ou je bosserai en indépendant. Je préfère bosser 60 heures pour ma pomme que pour quelqu'un d'autre », lâche-t-il.
Mais tout n'est évidemment pas rose au royaume de la création d'entreprise. Alexandra Galbier, revenue habiter dans le Nord après un passage par le sud de la France, avoue ainsi qu'elle « galère ». Son projet, c'est de créer une entreprise de vente de produits pour animaux. En plus de l'idée, elle a aussi la volonté : elle a repris récemment des études et décroché un Master en commerce international. Déjà, quand elle était dans le sud, elle écumait les salons tels que celui qui se tient à Lille. En vain, pour l'instant. C'est qu'il lui manque un maillon essentiel : « Je n'ai pas de fonds propre. j'avais pensé au statut d'auto-entrepreneur, mais en fait, la plupart cumulent avec d'autres boulots... Et puis, lancer une boîte avec zéro euro, c'est juste impossible ».


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