Le garde des Sceaux inaugure « une prison à taille humaine »
Publié le vendredi 08 juillet 2011 à 06h00
Michel Mercier, le ministre de la Justice, est allé à la rencontre des premiers détenus de la toute nouvelle prison d'Annoeullin. Photo H.V.M.
Michel Mercier, le ministre de la Justice, était hier en visite dans l'établissement qui a ouvert ses portes il y a 10 jours. Il s'est félicité des conditions de détention et a annoncé des pistes pour l'avenir.
SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
C'est une « promenade » un peu inhabituelle qui a eu lieu hier entre les murs flambant neufs du centre pénitentiaire d'Annoeullin. Le ministre de la Justice a jeté un oeil dans le moindre recoin de l'établissement de 688 places. Ce qui n'a pas échappé aux 200 premiers « locataires » des lieux, transférés du centre de détention de Loos il y a dix jours et qui derrière les barreaux ont réservé un accueil sonore et parfois viril au cortège politico-médiatique.
Les détenus, Michel Mercier a pu en croiser quelques-uns au détour de la visite, qui dans une cellule, qui dans une salle de classe où un petit groupe préparait hier le certificat de formation générale, qui sur le vaste terrain de foot en synthétique. L'architecture des lieux et les conditions de détention dans la « vitrine » des prisons du XXIe siècle satisfont le garde des Sceaux. « C'est un très beau bâtiment, très bien conçu. On n'a pas du tout l'impression d'être dans quelque chose où il y a 700 personnes qui sont détenues mais dans des petites unités. Ça donne un aspect humain intéressant ». Aurélie Leclerc, directrice du nouvel établissement, insiste d'ailleurs sur ce point : chaque « unité » (quartier maison d'arrêt, quartier maison centrale, centre de détention) a son propre « pôle » socioculturel, avec salles de muscu et bibliothèques. « Cela permet à chaque unité d'avoir son autonomie et à chaque détenu d'avoir accès à la culture ». Dans les rayonnages des bibliothèques, outre les mangas, BD et romans, quelques livres à message, comme « Le grand dictionnaire des rêves » ou encore « Parole de liberté ».
De quoi, peut-être nourrir les conversations avec les familles, dans des parloirs repensés, plus intimes et plus confortables.
Développer les « TIGE »
Au-delà de la visite, Michel Mercier est aussi revenu sur le fond de son action, guidée par la loi pénitentiaire de 2009 qui impose d'améliorer les conditions de détention. Pas simple dans une région pénitentiaire où il y 9 500 détenus pour 8 000 places. D'autant qu'il faut aussi prendre en compte les condamnés en attente d'effectuer leur peine. Et il y a du monde au portillon. Sur ce point, le ministre entend agir sur deux fronts : celui de la peine alternative, en développant les travaux d'intérêt général et le port du bracelet électronique dans certains cas. Mais aussi sur le plan immobilier.
« Nous manquons de place. Il va nous falloir aller de l'avant. Et pourquoi pas moduler à l'avenir les constructions en fonction de la durée de la peine ». Et le ministre de conclure : « Nous essayons de mettre le service public de la Justice au niveau auquel nos concitoyens ont envie qu'il soit ». En la matière, il y a du pain sur la planche. Le sénateur Jean-René Lecerf, pourtant peu suspect d'accointances gauchisantes, ne pointait-il pas hier le manque de personnels d'insertion et de probation ? Le débat est lancé à droite. w


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