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« Déménagement » sous haute-sécurité

Publié le 27/06/2011 à 00h00

C'était presque la grande évasion... la liberté en moins. Deux cents détenus de la prison de Loos ont été transférés hier vers la nouvelle prison d'Annoeullin, encadrés par un impressionnant dispositif de sécurité de six cents hommes.

« Déménagement » sous haute-sécurité
C'était presque la grande évasion... la liberté en moins. Deux cents détenus de la prison de Loos ont été transférés hier vers la nouvelle prison d'Annoeullin, encadrés par un impressionnant dispositif de sécurité de six cents hommes.



Six heures du matin, les convoyeurs n'attendent pas. La lourde porte en fer du centre de détention (*) de Loos-lez-Lille s'ébranle. Les hommes du GIPN sont en position, la main sur l'arme et la cagoule aux aguets. Le premier convoi, Écho, s'apprête à prendre la route, direction le tout nouveau centre pénitentiaire de Lille-Annoeullin. En tout, il en faudra dix, partant chaque demi-heure, pour acheminer les deux cents détenus. Une mécanique calculée au millimètre qui n'a déraillé à aucun moment hier matin.
Il faut dire que le transfert était calé depuis février, en particulier l'impressionnant dispositif de sécurité : 300 policiers et gendarmes, plus 300 agents de la pénitentiaire, dont 130 membres de différentes Équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS) rompus aux situations tendues en milieu carcéral. Une importante présence sur les deux sites mais aussi tout au long des 26 kilomètres du parcours. Pas un pont de l'A 1 sans son détachement de gendarmerie hier matin. Seul couac, le plafond nuageux qui a empêché l'hélico de surveillance réquisitionné de décoller. Mais à aucun moment, la cellule de crise installée au commissariat central de Lille n'a perdu le contact satellite avec les convois.


Autant dire qu'il n'y avait pas grand risque d'assister à un Prison break made in Nord - Pas-de-Calais. Dans chacun des dix convois, prenaient place invariablement seize détenus dans un bus et quatre autres, au profil plus sensible, dans un fourgon. Tous fouillés une heure avant, menottés et entravés. « Il n'y a jamais de risque zéro », explique Alain Jégo, directeur interregional des services pénitentiaires. « Certains peuvent être tentés de faire un peu de "bazar". Et puis des groupuscules anti-prisons essayent parfois de profiter de ce genre d'opération pour faire un coup médiatique ». Les détenus avaient, eux, été préparés depuis quelques semaines. « Il y a eu des entretiens collectifs. On leur a montré des photos. On a aussi travaillé avec les familles et, dès leur arrivée, les personnels d'insertion prendront contact avec elles », précise Alain Jégo.
Tout cela n'a pas empêché quelques mouvements d'humeur des détenus les moins matinaux. Ni des petits dysfonctionnements techniques ou électriques au moment de l'arrivée de certains à Annoeullin. « Mais chacun des détenus a regagné sa nouvelle cellule vingt minutes après l'arrivée, une fois les formalités administratives effectuées », affirme Alain Jégo. Leurs affaires les avaient précédés de quelques jours.
À 11 h 15, tous les détenus avaient pris possession de leur bâtiment. Dès ce matin, les activités de travail ou de formation pourront débuter pour les détenus. Lesquels seront rejoints à l'automne par trois cents autres, ceux de la maison d'arrêt de Loos, fantôme décrépi qui découpe l'horizon au bord l'A 25. À ce moment-là, Annoeullin ne sera pas loin de sa capacité totale de 688 places. w (*) Un centre de détention est un établissement où s'effectuent des peines à partir d'un an pour des détenus présentant des perspectives de réinsertion.

Nord Éclair