Une brasserie devenue galerie d'art
Publié le dimanche 29 mai 2011 à 06h00
En haut. À travers leurs photos, les artistes racontent l'histoire du lieu, ancienne brasserie longtemps à l'abandon. En bas. De l'art contemporain dans un site chargé de mémoire.
À Foncquevilliers, au sud d'Arras, une fabrique de bière était laissée à l'abandon depuis des décennies. Cet héritage familial, Véronique Damagnez en a fait un espace d'exposition d'art contemporain qui ouvre dimanche.
CÉLINE DEBETTE > celine.debette@nordeclair.fr
Il flotte comme un doux parfum suranné entre ces murs qui abritent des trésors oubliés. Là, des batteries de camions abandonnées.
Ici, un vélo rongé par la rouille. « Ce lieu, j'y suis très attachée, sourit Véronique Damagnez. Enfant, j'y passais beaucoup de temps. C'était mon petit musée à moi. » À croire que le destin de cette ancienne brasserie appartenant à son arrière-grand-père et reconstruite au lendemain de la Première guerre mondiale après avoir subi l'assaut des troupes allemandes, était écrit d'avance. « Faute de repreneurs, c'est devenu une sorte de dépôt où les gens y ont entreposé toutes sortes d'objets. » Il y a quelques mois à peine, Véronique décide de redonner une seconde vie à cet édifice en briques attenant à la maison familiale. « En décembre, Marie Amar, une photographe qui expose actuellement à Londres, cherchait un lieu dans le Nord afin de réaliser un projet dans le cadre des Transphotographiques. Je lui ai alors parlé de ce site. » Quelques semaines plus tard, le directeur du festival, Olivier Spillebout, se rend à Foncquevilliers et tombe sous le charme de la vieille bâtisse. Immédiatement, il propose de l'inscrire sur le parcours de l'édition 2011.
La journaliste qui, depuis plusieurs mois passe sa vie entre Paris et le Pas-de-Calais, ne pouvait rêver mieux. « J'ai toujours envie de bouger, confie-t-elle. Je suis un véritable rouleau compresseur. » Après des études à Lille, elle s'envole pour New-York puis Londres où elle exerce le métier de traducteur-interprète. Là, elle rencontre un photographe et devient son agent. Intégrée dans le milieu, on lui propose rapidement un poste de directrice photo au magazine ELLE, puis chez Vogue. « Au bout de 15 ans, j'ai commencé à me lasser de cet univers de luxe et de frivolité. »
L'art à la campagne
Passionnée d'art contemporain, elle continue de courir les lieux culturels. « J'adore faire des découvertes mais je trouvais un peu dommage de toujours voir ces expositions dans des lieux rigides et cloisonnés. » Un jour, sa curiosité l'emmène jusqu'au Moulin, une ancienne imprimerie désaffectée située à Boissy-le-Châtel, en banlieue parisienne, et reconvertie en galerie. « Des oeuvres de grande envergure y sont installées, explique-t-elle. C'est situé en pleine campagne, ça permet d'appréhender l'art dans un autre contexte. » Pour Véronique, c'est le déclic. « J'ai tout de suite pensé à la brasserie et je me suis dit : ce lieu dort depuis des décennies, autant s'en servir. » Aujourd'hui, elle y accueille les productions de trois photographes : Marie Amar, Nicolas Bluche et Nicolas Kowalski. Chacun s'est lancé dans la réinterprétation de ce bâtiment chargé de mémoire. D'où le titre de l'exposition : Passés (re)composés. Hormis quelques travaux de rénovation dans l'ancien entrepôt de stockage, rien n'a bougé. « J'ai pris le parti de le laisser à l'état brut. C'est d'ailleurs pour cette raison que les tirages sont directement cloués aux murs, sans cimaise. J'ai voulu adapter la scénographie au lieu. » Outre des expos, la galeriste souhaiterait, par la suite, proposer des résidences d'artistes. Mais aussi programmer des visites à destination des écoles du coin. « Je veux que ça devienne un lieu vivant où tous les publics se retrouvent et se mélangent : habitants du village, amateurs d'art et professionnels du milieu. » w Véronique recherche des stagiaires pour encadrer les visites de La Brasserie.


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Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...
0avoir0 : Tant mieux, ça donne de l'espoir Le Pen représente...