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« Faire comprendre aux clients ce qu'est la prostitution »

« Faire comprendre aux clients ce qu'est la prostitution » « Faire comprendre aux clients ce qu'est la prostitution »

Roselyne Bachelot, ministre en charge des Solidarités, a déclaré son intention de pénaliser les clients de la prostitution. Bernard Lemettre, délégué régional du Nid, qui vient en aide aux personnes prostituées, se déclare favorable à une mesure qui permettrait de « changer les regards sur la prostitution ».





Pourquoi le Nid est-il favorable à la pénalisation des clients de la prostitution ?


>> Entendons-nous, d'abord, sur les termes : nous ne demandons pas une répression à l'encontre des clients, mais sommes favorables à des sanctions pédagogiques, qui consisteraient à faire prendre conscience aux clients de ce que la prostitution représente. Pour leur faire comprendre qu'être client, c'est être un des acteurs de la prostitution, qui est un esclavagisme. Qui finance les mafias et les proxénètes, sinon le client ? Certains pensent que c'est un amusement anodin ! Enfin, il faut se rendre compte que la prostitution a aussi des conséquences pour le client, pour sa vie de couple, pour sa compagne, pour sa famille, pour ses propres finances.
Mais que changerait une telle loi au sort des prostituées ?
>> Je pense que ça changerait le regard que nous avons sur la prostitution, que ça nous permettrait de sortir des clichés habituels sur le sujet. Un garçon qui naît aujourd'hui en Suède (où depuis 1999, le client risque des sanctions, NDLR) grandit dans un pays où la prostitution n'est pas considérée comme naturelle, où il sait que c'est interdit d'acheter une « prestation » sexuelle. Psychologiquement, c'est important. Alors bien sûr je ne dis pas que ce sera le remède miracle. Mais s'intéresser au client, c'est mettre cette question dans notre environnement immédiat, et pas le cantonner aux trottoirs prostitutionnels. C'est aussi aller dans le sens de plus de respect des hommes à l'égard des femmes. Aujourd'hui, ce sont les prostituées qui sont visées par les lois anti-racolage, c'est se retourner contre des victimes qui n'ont pas choisi d'être là !
Ne craignez-vous pas, comme certaines associations, qu'une telle mesure puisse conduire à pousser les prostituées dans la clandestinité ?
>> C'est toujours ce qu'on dit, mais non, je ne le crains pas. On agite toujours ce risque comme prétexte pour ne rien faire. Peut-être qu'il y aura de la clandestinité, vous savez, en Suède, ça n'a pas eu des conséquences immédiates. Chez nous, les lois punissant le viol ou les violences conjugales ont permis peu à peu de modifier le regard qu'on portait sur ces comportements. Et pourtant, certains continuent de prétendre que les femmes sont parfois responsables quand elles sont violées ! Même chose quand on dit que des femmes se prostituent, alors qu'en réalité, il faudrait dire qu'on les prostitue...w
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Un garçon qui naît en Suède grandit dans un pays où la prostitution n'est pas considérée comme naturelle, où il sait que c'est interdit d'acheter une « prestation » sexuelle.


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