Mieux isoler aujourd'hui pour payer moins demain
Publié le jeudi 24 mars 2011 à 06h00
Parler chauffage alors que le printemps s'installe, une drôle d'idée ? Pas du tout. Car les travaux à faire pour réaliser des économies l'hiver prochain se pensent maintenant.
BÉRANGÈRE BARRET > berangere.barret@nordeclair.fr
Le temps de se renseigner sur les meilleures formules, les aides et trouver les artisans, et le moment est largement venu de songer aux travaux d'isolation thermique pour l'hiver prochain. Les avantages sont multiples, disent les professionnels et autres défenseurs des « performances énergétiques ». En premier lieu un bonheur (sur le long terme) pour le porte-monnaie car « une bonne isolation, c'est 30 % de la facture thermique économisée », note Emmanuel Cau, conseiller régional en charge de l'Environnement. Tandis que l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) compte que « près de 65 % de l'énergie consommée par les ménages est consacrée au chauffage » . Mais c'est aussi une augmentation de la valeur marchande du bien, étant donné que le diagnostic de performance énergétique (DPE), autrement dit la capacité de votre logement à être économe, est désormais obligatoire en cas de vente ou location... Voici les étapes à suivre pour rénover, isoler et économiser : Des points conseil partout dans la région. Les « Espaces Info Énergie » (EIE) ont été lancés par l'Ademe dès 2001. On en trouve 23 dans la région. Le but : mettre à « disposition » des particuliers des conseillers pour informer et sensibiliser sur les économies d'énergie. « Nous donnons les clés aux particuliers pour qu'ils sachent où aller en terme d'isolation. On commence par analyser avec eux les objectifs à fixer », explique Arnaud Dubreil, conseiller EIE à Lille, dont les locaux sont installés à la MRES.
« Vu l'augmentation du prix
de l'énergie... »
Quels postes de dépense ? Selon l'Ademe, la chaleur s'échappe d'une maison mal isolée à 30 % par les combles et la toiture, c'est donc la priorité en termes d'isolation. 25 % par les murs, 10-15 % par les vitres et fenêtres et 7-10 % par les sols. Pour isoler au maximum, différents matériaux sont possibles, laine minérale ou végétale, mousse polyuréthane, bois ou même béton... Tout dépend de la « résistance thermique » (capacité du matériau à empêcher le passage du froid ou de la chaleur), celle-ci étant calculée en divisant l'épaisseur du matériau par un indice spécifique à ce matériau... Calcul compliqué qui permet néanmoins de fixer des objectifs et de déterminer les dépenses engagées. Sur ce point encore, les conseillers des Espaces Info Énergie apportent leur analyse.
En outre, concernant les postes de dépense, il est important de noter qu'il est superflu voire contre-productif de changer le mode de chauffage avant de procéder à une nouvelle isolation. « On risque de prendre un mode de chauffage trop puissant par rapport aux besoins nécessaires après isolation » , note Arnaud Dubreil.
Quels objectifs fixer ? « Il faut avoir des objectifs à 15 ans, explique Arnaud Dubreil. En travaux d'isolation, le temps de retour peut être long, mais vu l'augmentation du prix de l'énergie... » Plus l'électricité, le gaz, le fuel augmentent - et c'est d'actualité -, plus il sera intéressant de fixer des objectifs importants. On peut citer différents stades d'isolation, du moins contraignant au plus ambitieux : celui nécessaire pour obtenir un crédit d'impôt, celui permettant d'obtenir le label BBC (bâtiment basse consommation), celui parvenant à créer un logement passif, sans mode de chauffage.
Un diagnostic ou une étude thermique ? Pour obtenir certaines aides aux travaux de rénovation, notamment celles de la ville de Lille, il est impératif de réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE), qui permet d'estimer la consommation d'énergie du logement (il coûte entre 100 et 250 E). Si on veut aller plus loin pour analyser différents scénarios de meilleure isolation, on peut commander une étude thermique (entre 300 et 800 E). Ces enquêtes ne sont pas toujours nécessaires pour estimer les travaux à entreprendre : « Pour une maison 1930, il n'y a pas besoin de diagnostic, on sait exactement ses défauts », dit Arnaud Dubreil.
Combien coûte une isolation ? Difficile à dire. Tout dépend de l'offre de l'artisan. Mais l'Ademe cite un exemple. Une maison construite dans les années 80, de 100 m², moyennement isolée, chauffée par convecteurs électriques, et dont la facture énergétique est de 270 E par mois : compter 18 000 E pour remplacer l'isolation des combles et l'ancien système de chauffage par des pompes à chaleur, permettant de diviser par deux la consommation d'énergie de la maison. À cela, il convient de déduire les aides proposées (lire ci-contre).w Espaces Info Énergie : renseignements sur www.infoenergie.org
Ça existe, mais ce n'est pas encore très répandu. Les maisons passives sont des logements dont l'isolation est tellement performante qu'il n'est pas besoin de les chauffer. Été comme hiver, elles se maintiennent à température constante. Si, selon l'adage, « la meilleure énergie est celle qu'on ne consomme pas », la maison passive, concept venant d'Allemagne sous le nom de « Passivhaus », est d'un niveau inégalé. Ce type de logement a un besoin en chauffage inférieur à 15 kw au m² par an. Sachant que les maisons construites aujourd'hui dans le respect des normes de base répondent à un besoin de 130 kw au m² par an. Pas besoin d'un système de chauffage pour les maisons passives, donc. Comment en arrive-t-on là ? « Grâce à l'étanchéité et l'inertie du bâtiment », résume Jean Parmentier, gérant d'Habitat Bois Conseil, constructeur de maisons passives dans la région. 2 200 E le m² Explications. L'étanchéité, primordiale, doit être totale : pas de sortie ou d'arrivée d'air non calculée. « En Allemagne, les maisons passives sont même équipées d'un petit clapet à l'intérieur du barillet de la porte d'entrée pour éviter qu'un filet d'air n'entre par la serrure » , explique Jean Parmentier. L'étanchéité est vérifiée grâce à un test, le « blower door », simulateur de vent... Ce cloisonnement est compensé, parce qu'il faut bien que l'air se renouvelle, par l'installation de VMC (ventilations mécaniques contrôlées) « double-flux ». Un système permettant de réchauffer l'air entrant grâce à l'air sortant. L'inertie du bâtiment, obtenue grâce à l'utilisation de matériaux tels que « les fibres de bois comprimé », permet, elle, de réguler la température tout en captant et accumulant au maximum la chaleur extérieure pour la restituer au moment propice (la nuit par exemple). « Au final, un écart de 4°C est observé dans la maison. Il fait en moyenne 20°C sans système de chauffage en hiver, 24°C en été. » Question prix, « la construction d'une maison passive coûte 2 200 E au m² », compte Jean Parmentier. À noter que la construction d'une maison répondant aux normes basiques coûte en moyenne 1 500 E le m². Mais doit être chauffée. Si le principe est attrayant, il n'existe pour le moment que très peu de maisons passives dans le Nord - Pas-de-Calais. Deux, aux dires de Jean Parmentier. Mais parallèlement, peu d'artisans en proposent. Dommage.wB.B.



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Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...
0avoir0 : Tant mieux, ça donne de l'espoir Le Pen représente...