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Formés à Stanford, USA, pour inventer ici

Publié le 20/03/2011 à 00h00

Chefs d'entreprises installées pour la plupart à Euratechnologies, ingénieurs, ils ont profité du premier programme de formation monté avec l'université américaine de Stanford. De quoi doper leur activité ici. Et ce n'est qu'un début.

Formés à Stanford, USA, pour inventer ici
Chefs d'entreprises installées pour la plupart à Euratechnologies, ingénieurs, ils ont profité du premier programme de formation monté avec l'université américaine de Stanford. De quoi doper leur activité ici. Et ce n'est qu'un début.


FLORENCE TRAULLÉ > florence.traulle@nordeclair.fr
Qui s'en souvient ? C'était les balbutiements et il n'y avait pas grand monde pour oser croire que l'ancienne filature du quartier des Bois-Blancs à Lille allait devenir le vaisseau amiral des nouvelles technologies dans la région. Pierre de Saintignon, le premier adjoint de Martine Aubry et vice-président de la Région en charge du développement économique, se rappelle ce temps pas si lointain finalement où la première entreprise débarquait à Euratechnologies. Autour, beaucoup de boue et l'actuel directeur général d'Euratechnologies Raouti Chehih, installé dans un préfabriqué.
Vendredi soir, on mesurait le chemin parcouru à l'occasion de la remise de diplômes à la première promotion de chefs d'entreprises et d'ingénieurs formés à l'université de Stanford, Californie et plus précisément au coeur de la Silicon Valley.


Andy Di Paolo, le numéro deux de cette prestigieuse faculté qui a formé seize prix Nobel et quatre Pulitzer, avait fait le déplacement et on se doute que s'il a signé un partenariat, il y a maintenant une bonne année, avec Euratechnologies, ce n'est pas juste pour faire joli. On se doute qu'il y trouve aussi son intérêt.
Une trentaine d'entrepreneurs, positionnés sur le créneau des nouvelles technologies, a suivi la formation Stanford. « L'idée était simple : regarder dans le monde ce qui se fait de mieux pour accompagner le développement de ces entreprises, pour étudier les méthodes utilisées par ceux qui sont devenus des mastodontes dans ce secteur et permettre à nos entrepreneurs de travailler au développement de leurs entreprises » explique Raouti Chehih. L'aîné des diplômés, Bernard Decooster, parle d'une « expérience extraordinaire ». Tom, le plus jeune d'une « opportunité magnifique d'avoir pu côtoyer les experts de Stanford ». Avec, au bout, « l'opportunité de mettre en application les techniques inculquées là-bas et de participer au mieux au développement économique de cette région ».
Car, derrière, c'est bien d'innovation, donc d'emplois qu'il s'agit. Pierre de Saintignon, qui porte le projet de création d'un campus de l'innovation à Euratech -l'étape suivante- assure que le développement à l'international est désormais suffisamment lancé pour que rien ne puisse plus l'arrêter. Il cite le partenariat avec Shanghai, celui avec Dubai, la signature d'un accord avec Barcelona Activa, haut lieu des nouvelles technologies en Europe.
L'aventure embarque les grandes écoles de la région, les universités, les laboratoires de recherche aussi. Olivier Oger, le directeur de l'EDHEC, fleuron de la Catho installé désormais à Roubaix, reconnaît que son établissement a « vite eu un coup de coeur pour ce projet même si, au départ, on le trouvait un peu fou. Nous commençons à voir ce qu'on va pouvoir faire dans le futur ».
Sandrine Rousseau, en charge des universités et de la recherche à la Région y voit un moyen de palier la difficulté structurelle que nous avons à « faire la liaison entre entreprises, recherche et innovation ». Et parce qu'elle est écolo et qu'on ne se refait pas, elle en profite pour inviter tous ces patrons de start-up à travailler à « l'acceptabilité et à la diffusion des nouvelles technologies par la population ». Avant de souligner que ces formations sont également ouvertes aux femmes. Les high-tech, c'est pas qu'une affaire de garçons ! w

Nord Éclair