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À la rencontre de quelques-uns de ces étranges « Ankamiens »

Publié le 06/03/2011 à 00h00

Il faut du monde pour faire vivre les histoires qui traversent le « Monde des Douze ». Et si les « créatifs » sont au centre du dispositif, ils ne sont qu'un des maillons de la chaîne.

À la rencontre de quelques-uns de ces étranges « Ankamiens »
Il faut du monde pour faire vivre les histoires qui traversent le « Monde des Douze ». Et si les « créatifs » sont au centre du dispositif, ils ne sont qu'un des maillons de la chaîne.


MATTHIEU MILLECAMPS > matthieu.millecamps@nordeclair.fr
La tribu Ankama est gigantesque. Dessinateurs, programmateurs, concepteurs...
Mais tous ces « Ankamiens » et toutes des « Ankamiennes », quel que soit leur rôle dans la grande machine, parlent de leur métier avec une passion contagieuse.


David Calvo : le théoricien de la « narration fragmentée ». David Calvo est un personnage un peu spécial. Il est capable de « partir pendant des heures », disent de lui ceux qui le côtoient. Et c'est le cas. Romancier, scénariste BD, journaliste... À 36 ans, David Calvo a tout connu, ou presque, avant de devenir directeur créatif d'Ankama Play, l'entité d'Ankama qui est à l'oeuvre sur le Islands of Wakfu , jeu qui doit sortir sur X-Box Live le 30 mars (lire page suivante). Mais au-delà du seul jeu, c'est le récit de la genèse du « Monde des Douze » que conte Islands of Wakfu. « Ça se déroule 10 000 ans avant Dofus, à un moment où des événements qui touchent au sacré vont se dénouer », expose David Calvo. Il affirme s'être inscrit dans la tradition « des mythes, un type de narration fragmentée, qui peut être interprétée par le joueur ou le lecteur, et qui se prête particulièrement au transmedia ». Citant tour à tour Tolkien, la Bible et la mythologie grecque, il qualifie le transmedia de « gestion du paradoxe »... Quand elle se termine, la discussion avec lui paraît forcément trop courte.
Sylfaen et Zidrune, en première ligne face aux fans. Sur les forums dédiés à Dofus, il est connu sous le nom de « Sylfaen ». En fait, il s'appelle Julien Cablan. Breton de 23 ans, il a croisé le chemin d'Ankama comme beaucoup de ceux qui y travaillent : il était un joueur invétéré de Dofus. « J'avais créé un site de fans. C'est comme ça que je suis rentré en contact avec Manu et Tot (Emmanuel Darras et Anthony Roux) ». Diplômé de Philosophie, Julien ne se prédestinait pas vraiment au « community management ». Son rôle ? « Animer les forums, aider les joueurs, faire connaître les mises à jour... ». Il coordonne aussi les « modérateurs bénévoles » , ces joueurs qui donnent de leur temps de vie virtuelle pour veiller au respect des règles. À quelques encablures du bureau de « Sylfaen » , celui de « Zidrune », community manager pour le jeu en ligne Wakfu. Les fans qui l'ont vue « en vrai » , savent que cette jeune femme de 24 ans, Aude Delaplace pour l'État civil, parle avec l'accent du sud. En gérant la relation avec les fans sur un jeu qui est en phase de test, elle « est impliquée dans l'évolution et la conception même du jeu ! » Et dans ce processus, « les communautés de joueurs, on les chouchoute ». Au point que, dans leurs avis ou critiques, « ils y vont parfois franco. » Charge à Zidrune de tempérer, rassurer, et, surtout, maintenir ce lien entre les fans et les concepteurs.
Lucie Pica, la cartomancienne. Elle est un peu timide, Lucie Pica. À 21 ans, cette Picarde était fan inconditionnelle de Dofus avant de se mettre à jouer à Wakfu TCG (pour « Trading Card Game », jeu de cartes à collectionner). Elle est devenue coordinatrice pour le jeu. « J'étais une des premières joueuses. Lorsque j'ai vu qu'ils cherchaient quelqu'un, je me suis précipitée », glisse-t-elle. Chargée d'organiser les tournois, elle aide également à faire évoluer le jeu. Dans Wakfu TCG, deux joueurs s'affrontent à coups de sorts et autres coups retors. Trois fois par an, un nouveau « pack » de cartes, qui sont autant de pouvoirs, sort en librairies spécialisées. L'un des rôles de Lucie est de veiller à maintenir un certain équilibre dans le jeu, grâce aux remontées d'expériences des joueurs, qui aident à la régulation de la puissance des différentes cartes. « Ça peut paraître compliqué, mais en moins de 20 minutes, on peut comprendre les règles et se lancer », affirme-t-elle. On la croit sur parole.
Xavier Norindr, Monsieur Bishi Bishi. « Ça veut dire "le bruit du bisou", mais certains disent que c'est aussi "le son du fouet" », explique, pince sans rire, Xavier Norindr. Lunettes carrées, cheveux longs et sourire facile, ce jeune trentenaire est arrivé de Paris il y a un an pour prendre la tête d'un des deux labels de musiques estampillés Ankama. Si le label Hiphiphip donne dans un style plutôt « rock indé »(voire la rubrique « écoutez » en fin de cahier), Bishi Bishi est résolument hors norme. « La scène japon,aise est très riche. On retient souvent le côté fluo, avec les files qui font de la variété, mais c'est bien plus que cela », expose Xavier Norindr, qui se fait un devoir de faire découvrir ces richesses aux publics français. Et si le label n'en est encore qu'à ses premiers pas, c'est avec fougue que Xavier Norindr défend les artistes qui sont distribués par Bishi Bishi. Parmi les dernières sorties, le groupe Aural Vampire, duo d'électro dansante qui s'inspire des films d'horreur des années 80, et YMCK, qui ne joue de la musique qu'avec des sons empruntés aux jeux de consoles « vintages ». Tout un programme pour les amateurs d'expérimentations musicales.w

Nord Éclair