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MOBILISATION

Suppressions de postes dans l'éducation : la contestation enfle

Répartition de la carte scolaire fin janvier pour le secondaire. Ph. archives L.M. Répartition de la carte scolaire fin janvier pour le secondaire. Ph. archives L.M.

Avec 806 enseignants en moins en 2011, l'académie de Lille est une des plus touchées par les suppressions de postes. Les syndicats appellent à manifester samedi.


Des « chiffres désastreux », une « coupe claire sans précédent », un « sabotage » . Un « massacre délibéré ». Pour dénoncer ce qu'ils appellent la « casse de l'école », syndicats et politiques ne manquent pas de superlatifs. Et pour cause : avec la Lorraine, le Nord - Pas-de-Calais fait officiellement partie des régions qui seront le plus touchées, à la rentrée 2011, par les suppressions de postes dans l'enseignement. 336 professeurs des écoles en moins. 470 dans les établissements du second degré, collèges et lycées. Total : 806 postes d'enseignant supprimés (contre 470 en 2010), sur 20 938 emplois. Soit une baisse de 1,8 %. Au total, en France, 16 000 postes doivent être supprimés en septembre dans l'enseignement.

Concrètement, la suppression de 806 postes d'enseignants engendrera à la rentrée 2011 des fermetures de classes, voire d'établissements (lire ci-contre), d'options et de filières. Les syndicats (FSU, Unsa, Sgen-CFDT, CGT, SNU-ipp, Snes, Action et démocratie...), réunis en intersyndicale, craignent de voir les zones rurales et la formation professionnelle davantage touchées. Selon Sylvie Vincard, secrétaire académique d'Action et démocratie (syndicat des personnels de lycées professionnels), « 46 divisions professionnelles pourraient disparaître à la rentrée, soit 1 250 places en moins. D'autres pourraient fusionner avec des lycées généraux, pour un nombre d'élèves croissant ».

Sont déjà visées, pour exemple, les sections « boulangerie et comptabilité » à Avesnes-sur-Helpe, « hôtellerie » à Aire-sur-la-Lys, « électronique » à La Bassée... Des filières BTS et des classes préparatoires aux grandes écoles (comme celle du lycée Condorcet à Lens) sont aussi menacées. « Le poste du recteur est politique. Marie-Jeanne Philippe est là pour faire le ménage sans prendre de gants », dit Rudi Cardot, à l'UNSA.
Engorgement des classes

Une perspective « douloureuse » pour une région « où les élèves sont très peu mobiles. Ils s'orienteront encore plus par défaut », explique Bernard Steenlandt, secrétaire régional du Sgen-CFDT. « Non surpris » par l'annonce des nouvelles suppressions de postes, le syndicaliste s'« alarme » aussi de « l'engorgement des classes dû à une hausse du nombre d'élèves » : 1 010 en plus dans le secondaire (pour 282 773 collégiens et lycéens aujourd'hui), et 602 dans le premier degré (contre 372 736). L'intersyndicale appelle à la mobilisation samedi (14 h 30), porte de Paris à Lille.
Autres conséquences des suppressions de postes que dénonce l'intersyndicale : la baisse de la scolarisation des 2/3 ans, la dégradation de la formation continue des profs, le manque de remplaçants, de postes dans les Réseaux d'aide spécialisée aux enfants en difficulté (RASED) et dans les zones d'éducation prioritaire. « C'est encore les établissements difficiles qui vont trinquer. » Pour Fabien Thiémé, il est « donc légitime de se demander si l'enseignement prodigué aux enfants est d'une qualité suffisante ». Le vice-président du conseil général du Nord et maire de Marly s'inquiète des « conditions dans lesquelles nos élèves seront accueillis », d'autant plus que 59 postes administratifs seront également supprimés à la rentrée prochaine - portant à 865 le nombre total de suppressions de postes dans la région -, et que « de nombreuses informations remontent de la communauté éducative et des parents d'élèves et font d'ores et déjà état de lourds dysfonctionnements ».
« Ne pas se résigner »

Pour le PCF, Éric Bocquet a interpellé le conseil régional et les conseils départementaux, leur réclamant de « ne pas accepter cette nouvelle régression » ; Fabien Thiémé a aussi demandé au ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel, de « renoncer à ces énièmes suppressions de postes ». Bernard Steenlandt et le Sgen-CFDT, eux, ne se sont « pas non plus résignés ». « Nous sommes favorables à ce que la pédagogie avance, et donc à une réforme de l'éducation. Mais une réforme accompagnée de moyens en personnels et en formation, non de saignées ! » Et de conclure : « Elle l'aura bien mérité, Marie-Jeanne Philippe, sa prime de recteur ! »


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