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BREBIÈRES

La Maison du Père Noël, c'est fini

C'est la dernière année que Guy et Chantal, fatigués, illuminent leur maison. Photos L.M. C'est la dernière année que Guy et Chantal, fatigués, illuminent leur maison. Photos L.M.

Guy et Chantal ont fait de leur maison de Brebières l'attraction des fêtes de fin d'année. Des centaines de curieux se pressent des quatre coins de la région pour en admirer les illuminations. Et plus encore cette année, puisque le couple a décidé que ce serait la dernière.



CÉLINE DEBETTE > celine.debette@nordeclair.fr
Depuis onze ans, lors des fêtes de fin d'année, un étrange phénomène se répète chaque jour entre 17 h 30 et 21 h à Brebières, près d'Arras.
La rue du chemin des Caures, extrêmement calme à l'accoutumée, devient le théâtre d'un ballet ininterrompu de voitures. Et le trottoir du n° 16, la scène d'un impressionnant va-et-vient de curieux. La cause de ce joyeux raffut a un nom : la Maison du Père Noël. Illuminée du porche d'entrée à la cheminée, elle attire les foules.


Pour certaines familles, c'est même un passage obligé d'avant réveillon. « Ça fait quatre ans que je viens avec ma soeur et ses enfants, c'est un rendez-vous qu'on ne manque jamais, confie Brigitte, de Roeux, dans l'Arrageois. Toutes ces couleurs et ces décors distillent un peu de magie et nous font oublier les soucis du quotidien. » Et le sourire émerveillé de Lucas et Marie, 5 et 2 ans, en est la plus belle preuve.
Un bonheur dont ne se lasse pas le brillant créateur de ce décor féerique : Guy Delay. Encouragé et aidé par sa femme Chantal, il est parvenu à habiller sa maison tout entière de figurines et guirlandes plus excentriques les unes que les autres. Pas le moindre cm² ne lui a échappé. Même le puits qui trône au milieu de la pelouse jouxtant la maison est passé sous ses mains. Tous les soirs, 85 000 ampoules scintillent en rythme. « J'ai commencé avec 3 000 et principalement avec de l'illumination d'intérieur. » C'était en 1999. « Ma femme m'a emmené à Quiéry-la-Motte où tout le village était illuminé, raconte-t-il. J'ai trouvé ça tellement beau que j'ai décidé de m'y mettre. » Au fil des ans, ce qui n'était à l'origine qu'un simple défi personnel s'est transformé en passion dévorante. Tout son temps libre est consacré à la confection de ses illuminations. À l'instar de la moustache géante au-dessus de sa porte d'entrée.
« J'ai acheté des sapins synthétiques dont j'ai enlevé les fausses épines brin par brin pour les coudre ensuite sur mon support. Ça m'a pris un an. » Débordant sans cesse d'idées, Guy a toujours laissé libre cours à son imagination. Seulement voilà, cette année, c'est la panne sèche, d'autant qu' « il n'y a plus autant de choix qu'avant dans les produits ». Et surtout le couple commence sérieusement à accuser la fatigue. « On fait ça en plus du travail. Et puis, ça demande quand même deux mois de montage. C'est pas rien ! »
Épilogue le 9 janvier
Les époux ont donc décidé d'un commun accord de dire stop. « Le 9 janvier, on éteindra les feux définitivement », annonce Guy, le regard dans le vague. Chez ses plus fidèles admirateurs, la nouvelle fait déjà l'effet d'un coup de massue. « Une dame a même pleuré, lâche-t-il un peu gêné. Mais que voulez-vous, je ne peux pas faire ça toute ma vie. » Et que les éternels optimistes se raisonnent, le Brebièrois n'a pas l'intention de « rechuter ». Pour échapper aux sirènes de la tentation, il a décidé de revendre ses oeuvres. « Il n'est pas question que je remette ne serait-ce qu'une toute petite guirlande l'année prochaine car je sais que ce serait repartir dans l'engrenage. » En attendant le triste épilogue, il continue d'accueillir les passants avec le sourire et, le week-end, avec un verre de vin chaud. Et pour les enfants, il revêtira les habits du Père Noël ces 24 et 25 décembre.


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