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Boycott des produits israéliens : un droit de réponse de Martine Aubry

Publié le 23/11/2010 à 00h00

Nous avons publié dans notre édition du 9 novembre un article sur le discours prononcé par la maire de Lille lors d'un repas organisé la veille par le CRIF (le Conseil représentatif des institutions juives de France). Mme Aubry estime que nous avons tronqué ses propos, et ainsi déformé sa position, et nous enjoint de publier le droit de réponse ci-dessous.

Boycott des produits israéliens : un droit de réponse de Martine Aubry
Nous avons publié dans notre édition du 9 novembre un article sur le discours prononcé par la maire de Lille lors d'un repas organisé la veille par le CRIF (le Conseil représentatif des institutions juives de France). Mme Aubry estime que nous avons tronqué ses propos, et ainsi déformé sa position, et nous enjoint de publier le droit de réponse ci-dessous.


Voici le texte du droit de réponse de Madame Aubry. « Invitée au dîner régional du CRIF le 8 novembre 2010, j'ai été amenée à exprimer mes convictions sur le Proche- Orient.
« Je découvre, à la réception de lettres contestant ma position, un article de Nord Éclair auquel il est fait référence, article de votre journaliste Élodie Raitière dans l'édition du 9 novembre, dont le moins que l'on puisse dire est qu'il présente une version tronquée de mes propos.
« J'ajoute dès maintenant que l'ensemble des personnalités présentes appartenant à la communauté juive mais aussi à l'ensemble des familles politiques et religieuses de notre région, pourront confirmer mes dires.


« Je tiens à rappeler en premier lieu que je suis engagée depuis près de 30 ans dans le combat pour la paix pour le Proche-Orient. En toute circonstance, j'ai exprimé des positions avec pour seul objectif de rechercher ce qui peut conduire à la paix comme de contester ce qui nous en éloigne.
« J'ai toujours affirmé ce que j'ai rappelé lors de la réunion du CRIF : "Il faut aller vers deux États : Israël qui doit être protégé et un État palestinien qui doit être viable".
« Croyez bien que je connais les problèmes posés par une telle affirmation : les frontières, le statut de Jérusalem, le problème du retour des réfugiés... « Tout ce qui nous rapproche de l'objectif de création de deux États vivant en paix doit être encouragé, tout ce qui nous en éloigne doit être dénoncé.
C'est la position que j'ai toujours tenue. On peut ne pas la partager. Je souhaite qu'elle soit respectée.
« C'est au nom de cette conviction que je me suis exprimée et je vous rappelle ci-dessous les propos que j'ai tenus et qui ont été soit déformés, soit "oubliés" par votre journaliste dans son article.
"Je suis opposée au boycott des produits israéliens, comme des entreprises israéliennes. Ceux qui prônent le boycott se trompent à mon avis de combat. Au lieu de porter la paix, ils portent l'intolérance." « J'ai par ailleurs déclaré : "Il faut tout faire pour inciter les deux sociétés - la société israélienne comme la société palestinienne - à se rapprocher.
Cela suppose de conforter les Palestiniens modérés, de les légitimer par notre reconnaissance, et de leur permettre d'apporter des améliorations concrètes à la vie quotidienne des habitants. Nous pensons que la situation humanitaire déplorable des territoires palestiniens principalement à Gaza, n'est pas seulement inhumaine : elle renforce les extrémistes et entretient la haine".
« J'ai aussi rappelé "que selon les termes même du Président Ben Gourion, l'État juif devra assurer sa pérennité en établissant la paix avec tous ses voisins. Cela passe par la fin de la colonisation. À cet égard, tous les défenseurs de la paix au Proche-Orient attendent une décision claire et le plus rapidement possible du Premier ministre Benyanim Netanyahu, pour prolonger le moratoire sur la colonisation".
« Enfin, après avoir rappelé notre jumelage avec Safed et Naplouse, j'ai fait part de mes inquiétudes sur la situation de Safed où une campagne et des exactions violentes ont lieu actuellement contre la communauté arabe. J'ai dit que "si je me gardais d'en faire porter la responsabilité au maire Ilan Shohat, nous attendions de sa part une prise de position claire et ferme".
« Vous comprendrez bien, Monsieur le directeur, que sur des questions aussi lourdes de conséquences et pour lesquelles je suis engagée avec force, je ne puis admettre que votre journaliste ait traité mon intervention pour le moins avec légèreté.
« Aussi, je vous demande, en application des dispositions de l'article 13 de la loi du 29 juillet 1881, de publier ce courrier au titre du droit de réponse, et cela dans les plus brefs délais. J'apprécierais, au regard des conséquences et des réactions qu'un tel article n'a pas manqué de susciter, à juste titre, que vous ayez à coeur de reconnaître ces graves erreurs. »w

Nord Éclair