La manif de trop ?
Publié le vendredi 29 octobre 2010 à 06h00
Il est incontestable que les rassemblements contre la réforme des retraites qui se sont tenus hier sont largement inférieurs aux manifestations précédentes.
Les vacances de la Toussaint, le beau temps ont largement contribué à cette « décrue ». Mais pas seulement. Car aucune des organisations qui ont appelé à ces rassemblements ne pouvait faire l'économie des trois votes essentiels qui se sont succédé en moins d'une semaine : l'approbation sous forme de vote bloqué par le Sénat vendredi dernier, la confirmation de ce vote mardi par cette même Chambre haute, et le vote définitif par les députés mercredi. Et même s'il y a un recours auprès du Conseil constitutionnel, les Français, légalistes, ont compris que la bataille changeait de nature.
Était-ce un pari perdu d'avance que d'organiser ces manifestations ? Probablement pas, du point de vue syndical. En effet, et pour reprendre les propos d'un député UMP, nous assistons aujourd'hui à « la fin d'un conflit, mais pas du mécontentement ». Cela, les dirigeants de l'intersyndicale le savaient bien : la mobilisation - vote ou pas - resterait d'actualité pendant un temps. Reste encore pour eux la journée du 6 novembre qui sera un indicateur supplémentaire. En gros et pour résumer : malgré la victoire législative, malgré une manifestation un cran en dessous, il n'y a pas eu de basculement de l'opinion, même si les derniers sondages donnent un taux de soutien inférieur de six points à celui du 19 octobre.
D'ailleurs, ni le président de la République, ni le gouvernement, ni la majorité ne fanfaronnent. Comme les syndicats, ils savent que dans cette confrontation sociale, une manche est en train de s'achever et qu'une prochaine risque de s'ouvrir dès ce conflit considéré comme achevé. Les dernières statistiques de l'emploi sont mauvaises, et la double question de l'emploi des jeunes et des seniors va s'inviter dans le débat national. Même si l'agenda gouvernemental préférerait ouvrir le dossier de la fiscalité. En outre et sur un terrain plus politique, les cantonales approchent, les sénatoriales aussi, avec le risque de voir basculer le Sénat à gauche. Et les élus de terrain savent bien que cette « victoire » sur la question des retraites est une victoire à la Pyrrhus et qu'il n'y aura pas de lendemains qui chantent.
Le mécontentement et la frustration se sont installés durablement. Le mouvement social prend de nouvelles tournures. Il y a eu ces derniers temps des manifestations syndicales localisées. La crise industrielle est encore devant nous. Nombre d'entreprises vont penser à des délocalisations car la croissance n'est plus en Europe, mais sur les marchés émergents. La réforme des retraites - dont nous ne cessons de dire dans ces colonnes qu'elle est indispensable - a caché pendant six mois la question de l'emploi, or celle-ci était au coeur du mouvement. Chassée par la porte, elle va revenir par la fenêtre, avec un substrat nouveau, celui qu'a créé la mobilisation de septembre et octobre avec sa détermination et son ébauche de radicalité.w



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Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...
0avoir0 : Tant mieux, ça donne de l'espoir Le Pen représente...