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ASSISES DU NORD

Abus sexuels à Bondues : l'instituteur reconnaît les faits

Ancien instituteur d'une école de Bondues, Jacques Lohez a reconnu, hier, devant la cour d'assises de Douai, le viol de deux élèves. Il purge déjà actuellement une peine de quinze ans pour des faits similaires.



MATHIEU THUILLIER > mathieu.thuillier@nordeclair.fr
Tout se déroulait toujours selon le même mode opératoire. La main glissée sous la culotte au moment de corriger les devoirs, derrière le bureau du maître. Ou pendant la récréation : « Je leur bandais les yeux avec une écharpe, je prétextais un examen dentaire et j'introduisais mon sexe dans leur bouche, explique Jacques Lohez, 67 ans. C'était un besoin, un désir que je ne pouvais assouvir ailleurs. Oui, c'était une obsession. Aujourd'hui, je pense à elles tous les jours et je suis rongé par les remords... »
« On était des petites menteuses »


D'emblée, l'ancien instituteur qui purge déjà à Bapaume une peine de quinze ans de prison pour viol et abus sexuels sur neuf de ses élèves de l'école Ampère à Lille au début des années 2000 (notre édition d'hier) suit l'accusation. Bien plus bavard que lors de son premier procès en 2004, il reconnaît les faits remontant cette fois à l'année scolaire 85-86, dans sa classe de CE1, à l'école Van der Meersch à Bondues.
« Sur quels critères choisissiez-vous les élèves qui restaient avec vous à la récréation ? » interroge le président Schaffhauser. « Je pensais qu'elles m'aimaient bien », répond Jacques Lohez, décrit comme un père très présent pour ses trois filles, comme un homme à la personnalité complexe et renfermée aussi.
Ses deux victimes bonduoises, désormais âgées de 32 ans, se succèdent à la barre, « pour me libérer et cracher le poison qui est en moi » , témoigne l'une d'elles. Si elles n'ont porté plainte qu'en 2007, c'est parce que longtemps elles ont « refoulé » ces agressions sexuelles. Pourtant dès 1986, avec quatre autres camarades victimes d'attouchements (et pour lesquelles les faits sont prescrits), les fillettes de 8 ans en avaient parlé à leurs parents. « Il nous avait fallu beaucoup de courage. » Une réunion avait même été provoquée avec le directeur de l'école. « Deux clans se faisaient face : les parents qui nous croyaient, et les autres qui nous traitaient de petites menteuses. Ils avaient fait pression pour qu'il n'y ait pas de plainte. » Une lettre dénonçant les actes de l'instituteur, pas très bien noté par sa hiérarchie d'ailleurs, était bien partie à l'Inspection académique. Pour calmer les esprits, Jacques Lohez avait alors été placé d'office en arrêt maladie. Avant, au bout de quelques mois, de retrouver un poste. À l'école Ampère à Lille...w


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