L'émouvant adieu à Natacha Mougel
Publié le mardi 14 septembre 2010 à 06h00
Plusieurs centaines de personnes ont assisté aux obsèques de Natacha. Parmi eux, discrets, plusieurs élus, deux ministres et le préfet de région. Natacha sera inhumée dans le sud de la France, où vivent ses parents.Photos L. Maillard
Plusieurs centaines de personnes ont entouré la famille et les proches de la jeune joggeuse tuée la semaine dernière. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice assistaient également aux obsèques religieuses.
FLORENCE TRAULLÉ > florence.traulle@nordeclair.fr
Devant l'église Saint Vincent de Marcq-en-Baroeul, plusieurs registres de condoléances. Ils sont surmontés d'une photo de Natacha, radieuse. Proches, mais aussi anonymes viennent, avant le début de la messe de funérailles, dire avec leurs mots leur émotion, leur soutien à cette famille broyée par le calvaire de la jeune femme.
L'église se remplit lentement. Il y règne un silence lourd de désarroi et de douleur. Les uns après les autres, ceux qui sont venus assister à l'enterrement de Natacha bénissent le cercueil ou s'inclinent simplement. Quelques-uns étreignent les parents et le compagnon de la jeune femme avant de regagner leur place. L'église est pleine. Au fond ou le long des travées, les derniers arrivés sont debout, immobiles, recueillis.
Martine Aubry arrive à son tour, puis Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, et Brice Hortefeux, celui de l'Intérieur. À leur tour, ils vont saluer les parents de Natacha. Ils se parlent. Les ministres rejoignent leur place, sur le côté. Devant l'autel, une grande photo de Natacha.
Le prêtre invite à « accueillir un peu de paix et de confiance et à nous ouvrir à l'espérance » et dit l'impossibilité d' « évacuer le drame de cette mort et l'émotion qu'elle suscite ».
Jean-Sébastien, son compagnon, prend la parole en premier. Très digne, il raconte sa rencontre avec Natacha, leurs projets d'avenir, la difficulté de parler de sa compagne en quelques minutes seulement, son « amour qui était une jeune femme unique ». À l'assemblée figée dans cette église, il demande de ne pas oublier Natacha. Et parce que les conditions atroces dans lesquelles elle est morte sont dans l'esprit de tout le monde, il dit espérer que « ce qui est arrivé » serve « à faire changer non pas l'ordre établi mais le désordre établi. Afin que ça n'arrive plus ».
C'est ensuite un ami de Natacha, au nom de tous les autres, qui évoque ses « éclats de rire », sa « simplicité », sa « gentillesse ». Puis la belle-soeur de Natacha, les collègues de travail. Le portrait par touches qu'ils dressent tous rappelle qui était la jeune femme, « la confidente attentive », la « passionnée », le « rayon de soleil ».
Dans son homélie, le prêtre de la paroisse Saint-Vincent sait, lui aussi, que les « mots sont impuissants » et que « nous ne pouvons nous empêcher d'être avec vous, en colère et révoltés. Nous ne comprenons pas, parce qu'il y a quelque chose d'inhumain dans ce qui s'est passé, quelque chose qui nous dépasse ». Et à tous ceux que la mort de Natacha plonge dans la douleur, il dit aussi l'espoir de trouver la force de « vivre libérés de toute haine et de toute vengeance ».
« Il faut agir maintenant »
Vient ensuite le temps de l'offrande et du dernier adieu à Natacha. Son cercueil est porté par ses amis qui sortent de l'église. Dehors, sur le parvis, ceux qui n'avaient pu entrer dans l'église font silence. La famille de Natacha se serre devant le cercueil. Cramponnés les uns aux autres, ils restent de longues minutes à se soutenir. La foule quitte l'église. Les ministres viennent saluer les parents et, discrètement, s'éclipsent.
Pendant longtemps après la cérémonie, la famille restera entourée de ceux, nombreux, qui les accompagnent. Certains ont besoin de parler, de dire, au-delà de l'émotion, qu'« il faut agir maintenant ». Un parent de Jean-Sébastien, mâchoires serrées, regrette que les ministres ne se soient pas « engagés devant le Christ » à mettre en place des mesures qui pourraient éviter de tels drames.
Une femme, qui a assisté à la messe dehors, s'avance discrètement, dépose un minuscule bouquet à côté des gerbes devant l'église. Elle ne connaissait pas Natacha ni ses proches. Elle est juste venue dire son espoir qu'elle « repose en paix ». w


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Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...
0avoir0 : Tant mieux, ça donne de l'espoir Le Pen représente...