« Il explique qu'il a vu l'expert-psychiatre moins de cinq minutes à chaque fois »
Publié le jeudi 09 septembre 2010 à 06h00
Alain Penin, l'assassin présumé de Natacha Mougel, a reconnu une nouvelle fois les faits devant le juge d'instruction. Selon son avocat, l'homme serait « très abattu ».
Il aurait évoqué des pulsions décrites comme irrésistibles.
Mercredi, 14 h 45. Dans quelques secondes, Me Abderrahmane Hammouch, qui vient d'assister l'assassin présumé de la joggeuse devant le juge des libertés et de la détention, va être obligé de s'interrompre. L'avocat lillois avait prévu de prononcer une courte déclaration devant les journalistes. Il a très vite été pris à partie par des gens se présentant comme des amis de la victime. Pourtant, tout homme, aussi monstrueux soient ses actes, a droit à une défense. Et pour qu'un procès ne soit pas mis en doute, il faut bien un avocat face à l'accusation. Juste avant, Alain Penin avait réitéré ses aveux devant le juge d'instruction Marc Chemin et le juge des libertés et de la détention, Bertrand Duez. La procureure Candice Gratecos avait demandé le huis clos de l'audience devant le JLD. « Ceci dit, tout est hélas clair », nous confiait Me Hammouch. Et d'ajouter : « l'accusé ne conteste rien et, dès qu'il a été arrêté, il a reconnu les faits et a collaboré à l'enquête policière puisque c'est lui qui a indiqué immédiatement où se trouvait le corps. Il a conduit les enquêteurs sur place ». Quel est l'état d'esprit de l'accusé ? « Il est très abattu, il explique que quelque chose ne tourne pas rond dans sa tête, qu'il a été pris de pulsions qu'il décrit comme irrésistibles ». M e Hammouch soupire : « J'ai l'impresssion qu'on met aujourd'hui le doigt sur les limites concrètes du suivi judiciaire auquel il avait été condamné après la fin de sa peine. Dans le cadre de sa libération conditionnelle et de ce suivi, en un an, il a vu à deux reprises l'expert-psychiatre, Nicolas Lallaux. L'accusé m'explique qu'il a vu ce psychiatre deux fois cinq minutes. Il s'est rendu aussi à tous les rendez-vous avec un infirmier du centre médico-psychologique de Tourcoing. On lui avait ordonné un rendez-vous tous les quinze jours, il ne les a pas ratés. Mais est-ce suffisant ? Mon client a l'impression d'avoir raconté à plusieurs reprises son histoire sans avoir de véritable traitement. Il n'a pas l'impression d'avoir été soumis à un suivi strict ».
À 14 h 30, entre quatre policiers, Alain Penin a donc traversé d'un pas lent les couloirs du palais. Un homme qui traîne les pieds, presque banal, bien que surveillé de près, au milieu de l'agitation habituelle des débuts d'audience. Une impression de lourdeur fatiguée encore accrue par la corpulence de l'accusé. Il a rejoint une prison dont il sait qu'il risque de ne jamais sortir.w
DIDIER SPECQ



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Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...
0avoir0 : Tant mieux, ça donne de l'espoir Le Pen représente...