Martine Aubry se veut au-dessus de la mêlée
Publié le jeudi 02 septembre 2010 à 06h00
«Mon ambition est de gagner. Non pas juste pour battre Sarkozy mais pour construire une autre France». Photo Hubert Van Maele
Confortée par l'attitude de ses camarades socialistes et servie par un été pas facile pour le gouvernement, elle dit ne plus vouloir répondre aux petites phrases et invectives.
Une attitude d'opposante sérénisée mais toujours pugnace.
FLORENCE TRAULLÉ > florence.traulle@nordeclair.fr
Au jeu des petites phrases, c'est une fin de non recevoir que Martine Aubry vient d'envoyer au gouvernement. « Nous avons pris une décision. On ne répond plus, on ne fait pas de petites phrases. Quand le gouvernement acceptera d'être dans une vraie démocratie, où on peut parler des sujets au lieu de s'envoyer des invectives, des mensonges, des contre-vérités, et bien on reprendra le dialogue avec la majorité ».
Confortée par la bonne image renvoyée par les socialistes après leur université d'été à La Rochelle le week-end dernier, Martine Aubry peut prendre de la hauteur.
Par leur bonne tenue à La Rochelle les socialistes, qui nous avaient habitués ces dernières années aux querelles fratricides et dévastatrices, ont renforcé celle qui s'était installée dans le fauteuil de Premier secrétaire du parti à reculons. Ça se sent.
Bien malin qui peut préjuger de ce qu'il restera de cette unité quand il s'agira de choisir le candidat socialiste aux primaires mais d'ici là, elle peut utiliser sa politique lilloise pour dézinguer celle du gouvernement. Et parce qu'elle n'allait pas tirer tous azimuts, c'est sur l'enseignement que Martine Aubry s'est concentrée. Ce n'est donc évidemment pas pour rien si elle a choisi une école du faubourg de Béthune à Lille pour tenir sa conférence de presse de rentrée.
Elle résume la politique gouvernementale en matière d'éducation aux « réductions de moyens et de postes d'enseignants (...), suppressions des réseaux d'aide spécialisée aux élèves en difficulté (les Rased), de postes de surveillants remplacés par des caméras et des portiques » . Et se désole : « quand on pense qu'on avait, en France, un modèle éducatif salué partout dans le monde... ».
Et ironise sur la proposition du ministre Luc Chatel de faire se lever les élèves quand leur prof entre en classe : « Encore faut-il qu'ils aient un enseignant en face d'eux pour pouvoir se lever ! ». Plus de petite phrase mais la phrase vacharde, difficile d'y résister...
Il faut dire que l'actualité l'aide. Juste après la révélation faite par l'Express.fr et le Canard Enchaîné de la saisie d'une lettre d'Éric Woerth à Nicolas Sarkozy pour plaider l'attribution de la Légion d'honneur à Patrick de Maistre, le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, Martine Aubry réclame, à nouveau, la désignation d'un juge d'instruction indépendant, ce qui n'est toujours pas le cas. Elle enfonce le clou sur le registre des affaires qui ont choqué récemment : « On ne se fait pas payer ses cigares par l'argent public, on ne loge pas sa famille dans des logements qui appartiennent à la République, on ne demande pas pour ses proches la Légion d'honneur surtout si c'est pour récompenser des services qu'ils vous ont rendus ». Une question de « morale et d'éthique ».
Sur le sujet des Roms qui lui a valu une attaque acide du Premier ministre Fillon lundi, Martine Aubry a eu la réplique cinglante (lire ci-dessous) mais la campagne sécuritaire estivale du gouvernement n'est qu'un des sujets sur lesquels elle se pose en opposante de plus en plus crédible, selon les sondages, à Nicolas Sarkozy.
Pas de conditionnel
Encore trop flou le projet des socialistes ? Martine Aubry assume son calendrier. Surtout, « il ne faudra pas raconter d'histoire aux Français. Nous dirons ce que nous pourrons faire et ce que nous ne pourrons pas faire. Ce que nous ferons tout de suite et ce que nous ferons plus tard » .
De là à penser qu'elle tient la victoire pour acquise ? Disons, au moins possible et il y a longtemps que cela n'était pas arrivé à la gauche. Mais si les vents ne sont pas porteurs actuellement pour Nicolas Sarkozy, Martine Aubry vise plus haut que cette seule victoire sur l'homme : « On ne gagnera pas uniquement contre Sarkozy mais parce qu'on aura convaincu les Français qu'une autre politique est possible ».
Pas de conditionnel dans son propos, juste un futur à la mesure de son ambition. Elle ne la personnalise toujours pas pour autant. Son éventuelle candidature reste toujours hors sujet. w

en finançant un Grand Stade avec nos impôts, elle agit dans la droite ligne de Nicolas Sarkozy puisque en tant que candidat il a vanté cette formule pour relancer l'activité. Ce qui revient à endetter nos enfants. Pourquoi a-t-elle alors signé ce contrat en plein desastre financier ? C) pas un mot sur la situation financière de LMCU, les dettes toxiques, la censure du contrat de PPP. Ce qui nous interesse, c'est ce qui se passe ici et pas ce qui se passe à Paris. Les habts l'ont elue maire de Lille, pas secretaire du PS. Or elle fait l'inverse.

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sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...
emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...
lorenzo : ...