Lille accueille l'université des CCI
Publié le jeudi 02 septembre 2010 à 06h00
Pour Jean-François Bernardin, président de l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie, organisatrice de l'université des CCI qui se tient pendant 2 jours à Lille, l'heure est, plus que jamais, au débat d'idées.
PROPOS RECUEILLIS PAR FLORENCE TRAULLÉ > florence.traulle@nordeclair.fr
Qu'attendez-vous de cette 14e université des CCI ?
>> Depuis 14 ans, nos universités sont le moment le plus convivial et le plus enrichissant du réseau. Un vrai temps de réflexion collective.
Cela correspond à une attente forte ?
>> La preuve, l'affluence croît chaque année. On attend à Lille quelque 600 personnes. Les chefs d'entreprise, membres des chambres, sont des hommes comme tout le monde ! Les grandes questions qui se posent à nous ne sont pas propres aux chefs d'entreprises : comment peut-on rendre compatibles les logiques de l'entreprise, qui sont des logiques de rationalité et de productivité, et les logiques générales de nos territoires et de notre pays ? Ce sont des vastes questions et nous ne sommes pas les seuls à nous poser.
Par exemple ?
>> Les systèmes où les logiques de l'entreprise ne sont pas prises en compte sont des systèmes de paupérisation croissante. Mais on se rend bien compte, aussi, que l'entreprise doit s'insérer dans un monde dont les finalités ne sont pas seulement celles de la production. Jusqu'où la logique de l'entreprise est-elle compatible avec celle de l'intérêt général ? Ce sont ces thèmes autour desquels nous tournons depuis 10 ans. Est-on en train de construire un monde qui ne nous conviendra pas et, à la limite, dans lequel les entreprises ne trouveront pas leur place non plus ?
Manière de tordre le cou aux idées reçues qui vous figent, chefs d'entreprise, dans des visions caricaturales, exclusivement tournées sur la rentabilité et le profit ?
>> Une entreprise, et les entreprises en général, ne pourront pas faire correctement le boulot si elles ont une vision uniquement axée sur la rationalité économique. Le défi que nous avons à résoudre est bien : comment peut-on conjoindre la logique de rationalité de l'entreprise avec quelque chose qui la dépasse relativement ? En réalité, et c'est pour ça d'ailleurs que nous avons invité Axel Kahn, on voit bien que la raison ne suffit pas complètement. Nous sommes face à un certain nombre d'évolutions, que je n'ose pas appeler dérives : une société de plus en plus anonyme dans laquelle les clients ne sont plus que des consommateurs, dans laquelle les centres d'appel ont supprimé le contact avec les interlocuteurs, dans laquelle nos enfants entretiennent des relations virtuelles à travers des appareils divers et variés. Est-ce que cela nous convient ?
On va voir arriver des villes de 40 millions d'habitants. Est-ce que c'est vivable ? Et les équilibres du territoire, un sujet que nous aborderons lors d'une des matinées de cette université, posent de vrais questions. Que fait-on en terme d'aménagement du territoire ? Où se trouve l'équilibre entre la rationalité économique et le coût social ?
Réflexion bien plus large que le seul monde de l'économie ?
>> Je suis convaincu qu'il n'y a qu'au sein des entreprises qu'on crée de la richesse. C'est indispensable mais, en même temps, comment cela s'insère-t-il pour que ça soit supporté et supportable ? On le voit bien avec toutes les interrogations, pour ne pas dire les querelles, sur la question : est-ce que le PIB (produit intérieur brut) est la seule mesure du bonheur d'un pays ? Ce sont tous ces thèmes qui nous préoccupent. Nous savons aussi que développer des entreprises dans une société qui se porte mal, ça ne fonctionne pas non plus très bien... Nous devons avoir une lecture de l'entreprise qui redonne de la dimension humaine. À la fois par le regard qu'on pose sur les hommes de l'entreprise, mais aussi par la nécessité d'avoir un projet collectif. Il y a des rapports de force de l'entreprise, mais aussi des intérêts collectifs !
Cette 14e édition de votre université intervient en pleine réforme des CCI, vous continuerez ensuite ?
>> Je ne serai plus président, il appartiendra à mes successeurs de décider. Je serais catastrophé s'ils abandonnaient ces rendez-vous ! À propos de la réforme, justement : au-delà de nos problèmes de boutique -qui ne sont pas négligeables- nous avions absolument besoin de faire évoluer notre réseau qui n'avait pas bougé. Le monde a évolué. On ne pouvait pas laisser les chambres, grosso modo, dans les mêmes structures qu'au 19e siècle ! Je pense qu'elles peuvent servir à quelque chose à l'avenir.
Vous en doutiez ?
>> Ah non ! Elles sont même extraordinairement modernes ! w



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citospopulos : Pour ma part je pense qu'l y a toujours des personnes...
citospopulos : oui pour une nouvelle forme de police de proximité...
jeanjean59 : message pour Claire : Bravo pour votre "enfarinage"...