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POLÉMIQUE

Quick maintient son offre halal à Roubaix

Jacques-Édouard Charret (au centre), président du directoire de Quick, et Pascal Nys (à droite), franchisé à Roubaix. Jacques-Édouard Charret (au centre), président du directoire de Quick, et Pascal Nys (à droite), franchisé à Roubaix.

La direction de Quick France a annoncé hier que son offre halal, expérimentée dans huit fast-foods dont celui de Roubaix, sera pérennisée.



Elle sera même étendue,
mais pas à Lille.
YOUEN MARTIN


> youenn.martin@nordeclair.fr
Au moins, ça a le mérite d'être clair. Les élus qui s'émeuvent de voir Quick se mettre au halal, « clairement, je ne partage pas leur point de vue ». « Le juge de paix, c'est le client », assure Jacques-Édouard Charret, président du directoire de Quick France.
Lancée dans huit fast-foods de l'enseigne, dont celui du centre-ville de Roubaix à l'automne dernier, l'expérimentation d'une offre halal avait suscité une vive polémique en février et mars, alors que la campagne des régionales battait son plein. Sur Canal +, la conseillère régionale FN Marine Le Pen criait au scandale et dans la foulée, le maire PS de Roubaix, René Vandierendonck, déposait plainte pour discrimination.

Parts de marché
Alors que les débats occupaient toutes les ondes des radios offrant une publicité inespérée à Quick, le numéro 2 du burger en France avait choisi de communiquer avec parcimonie, tout en promettant de « débriefer » l'expérimentation quand elle serait terminée. C'était ça l'objet de la conférence de presse organisée hier matin à Paris et suivie par une quarantaine de journalistes. « Nous souhaitons la transparence, indique Jacques-Édouard Charret. C'est aussi l'occasion de poser toutes les questions... pour ne pas y revenir éternellement. » Sur la polémique elle-même, peu de commentaires. Le patron rappelle qu'il n'est « pas une association de loi 1901 », que son boulot est de « gagner des parts de marché » et que le procureur de la République de Lille lui-même a reconnu, en classant la plainte du maire de Roubaix, qu'il fallait bien faire face à la concurrence.
Sans surprise, l'offre halal sera maintenue dans les huit établissements où elle était testée et arrivera ce midi dans quatorze autres fast-foods en France - mais pas à Lille ni ailleurs dans la région, contrairement à une rumeur qui avait filtré il y a quinze jours.
Et pour cause, le succès commercial est indéniable (lire encadré). À Roubaix, au tout début du test, le chiffre d'affaires a même été multiplié par trois, selon Pascal Nys, le franchisé roubaisien, par ailleurs élu UMP à Hem.
Le choix des huit restaurants, puis des quatorze supplémentaires, ne doit bien sûr rien au hasard. Les proportions de burgers ont été comparées aux moyennes nationales. Beaucoup de poissons, peu de bacon et de fortes fluctuations de l'activité en fonction du ramadan : le fast-food était retenu, à condition qu'un Quick « classique » existe à moins de dix minutes en voiture. « À Roubaix, nous étions les champions du "long fish" (burger à base de poissons, ndlr), confie Pascal Nys. Les jours de fêtes musulmanes, on pouvait en produire 800 sur la journée ! » Le franchisé aurait voulu tenter l'expérience à Tourcoing, mais ce fast-food là ne rentre par dans les critères fixés par la direction.

Un burger non halal sous vide
L'idée de faire cohabiter une offre standard avec l'offre halal, défendue notamment par le maire de Roubaix, est inenvisageable techniquement, juge Jacques-Édouard Charret : « Ça reviendrait à construire un restaurant avec deux cuisines distinctes. Et encore, il serait difficile de s'assurer de la traçabilité, en particulier aux heures de rush. » « On a vraiment tout imaginé, assure Pascal Nys. Ce n'était pas un problème d'argent, d'ailleurs on va investir pour rénover le restaurant roubaisien. Mais si on veut garantir le halal (le boeuf est certifié par la mosquée d'Évry et la volaille par la mosquée de Paris, ndlr), c'est impossible. » Seule possibilité de faire exister un burger à base de viande non halal dans les 22 établissements, le hamburger pré-emballé sous vide et réchauffé sur place. Elle doit être mise en place avant la fin de l'année. Un pis-aller qui semble convenir totalement au maire de Roubaix (lire ci-contre).
De toute façon, Quick estime ne pas avoir perdu sa clientèle habituelle, même si ceux qui ont décidé de boycotter n'ont pas pu être sondés. « Ce n'est pas vécu comme une discrimination par les non-musulmans, affirme Jacques-Édouard Charret, mais au contraire comme une ouverture. » Pas sûr que cela évitera de relancer la polémique, même si aucune élection n'est prévue à court terme.w


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