Vous êtes ici : Accueil > Actualités de la région

POLEMIQUE

Roms : la « dernière balle » du père Arthur

Le père Arthur, défenseur de la cause des Roms, et la médaille qu'il a décidé de ne plus porter. Photo Nord éclair Le père Arthur, défenseur de la cause des Roms, et la médaille qu'il a décidé de ne plus porter. Photo Nord éclair

Pour tenter de stopper ce qu'il décrit comme une « violence injuste » à l'égard des Roms, le prêtre a renvoyé sa médaille de l'Ordre du Mérite à Brice Hortefeux. Il a aussi affirmé « prier pour que Nicolas Sarkozy ait une crise cardiaque », avant de « regretter » ses propos.MATTHIEU MILLECAMPS > matthieu.millecamps@nordeclair.fr



Il l'avait annoncé dès samedi. Mais c'est hier matin, sur le parvis de l'église lilloise de Saint-Martin-d'Esquermes, que le père Arthur a expliqué pourquoi il a décidé de renvoyer sa médaille de l'Ordre national du Mérite à Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur. Des déclarations pour le moins fracassantes. Le prêtre, défenseur des Roms, n'a pas seulement présenté sa démission de l'Ordre du Mérite comme sa « dernière balle » , il enjoint le ministre de l'Intérieur de « réveiller en (lui) un peu d'humanité ». Il s'en est aussi pris au président de la République : « Je prie pour que M. Sarkozy ait une crise cardiaque ». « Je sais que je ne dois pas le faire. Mais, Seigneur, il n'y a plus que toi qui peux arrêter quelque chose », s'est-il justifié.
Un peu plus tard dans l'après-midi, le père Arthur a fait amende honorable : « Je ne veux pas sa mort, je veux simplement que Dieu parle à son coeur. Je regrette mes propos ». « Tel ou tel propos ont pu dépasser sa pensée : nous n'approuvons pas ces propos et nous ne pouvons pas les cautionner » a, pour sa part, écrit Mgr Ulrich, archevêque de Lille.
Au-delà de la surprenante petite phrase, c'est sur la situation des Roms que le prêtre a le plus insisté. « J'ai trouvé à Lille une situation déplorable pour les Roms et leurs enfants. J'ai essayé, comme dit l'Abbé Pierre, de les aimer et de les aider. Mais depuis trois mois, c'est une guerre que cette communauté subit », a-t-il martelé. Revenant sur les évacuations de ces dernières semaines, le père Arthur s'est avoué désarmé. « Je n'ai plus de force, si ce n'est de pleurer », a-t-il glissé. « Aujourd'hui, comment arrêter cette violence injuste ? » Sa réponse a été cette symbolique prise de position. Une posture qui, pour virulente qu'elle soit, s'inscrit dans un contexte qui voit l'Église catholique monter au créneau sur la question des Roms.


Benoît XVI est intervenu hier, soulignant que « les textes liturgiques (...) nous redisent que tous les hommes sont appelés au salut. C'est aussi une invitation à savoir accueillir les légitimes diversités humaines ».
De son côté, Mgr Dufour, archevêque d'Aix, a critiqué « les discours sécuritaires qui peuvent laisser entendre qu'il y a des populations inférieures sont inacceptables. Ces personnes, citoyens européens, vivent pour la plupart paisiblement ici, un certain nombre depuis de longues années ».
De quoi ravir le ministre de l'Intérieur qui, dans un entretien au Monde de ce samedi, s'en prenait aux « bien-pensants ».
w Lire également en page 34.

De la communauté d'Emmaüs aux bidonvilles des Roms

Le père Arthur est arrivé dans le Nord il y a trois ans. À la tête de l'association La Pierre Blanche, il est membre du « Collectif solidarité Roms » de la métropole lilloise. Se réclamant de l'Abbé Pierre, il mêle militantisme et action humanitaire.À 71 ans, le père Arthur est supposé être un prêtre en retraite. C'est sans compter une tendance marquée à l'engagement et à l'action. Avant de choisir Lille pour, comme il le dit, « finir (ses) jours », il vivait au sein d'une communauté Emmaüs, dans l'Oise. Se réclamant de l'idéal de l'Abbé Pierre, il entend l'appliquer, depuis plusieurs mois, en venant en aide aux populations de Roms vivant dans les bidonvilles et campements disséminés dans la métropole lilloise.Avec La Pierre Blanche, son association, il distribue nourriture et vêtements dans certains de ces campements. Il suit également avec attention la situation de plusieurs des familles installées dans le Nord. Pour le moins anticonformiste, il désarçonne parfois responsables politiques, travailleurs sociaux ou partenaires associatifs. En mai dernier, lorsqu'un campement a été évacué à Mons-en-Baroeul, c'est sur ses deniers personnels qu'il a ainsi acheté plusieurs tentes pour les familles délogées de leurs cabanons. Partisan, comme hier, des éclats médiatiques, il peut aussi se montrer plus discret, comme lorsqu'il a fait venir Marc-Philippe Daubresse, ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives (et élu de Lambersart), sur un camp de fortune. Cette fois, sans caméra.wM.M.


À lire aussi

Réagir à l'article

Tous les champs sont obligatoires.

Pas encore inscrit ?

Infos locales

Dessin du jour

Cocorico "Cocorico"

Cinéma

Sur la route de celluloïde Sur la route de celluloïde

Le livre était réputé inadaptable. Mais impossible n'est pas cinéma, et voilà donc Kerouac qui fait son apparition sur les écrans des salles obscures pour une épopée « Sur la route » très attendue.

les lecteurs
  • Note actuelle 3.33/4

Les autres sorties

Les marches de Cannes habillées de rouge sang

Toujours à l'affiche

Restos

 Les meilleures recettes de nos chefs Les meilleures recettes de nos chefs

Les jeunes chefs de l'Athénée (B.) nous ont livré quelques-uns de leurs secrets : voici pour vous les recettes des meilleurs plats de fête qui ont bousculé nos papilles. A vos fourneaux!

Les autres restos...