BRUNO RENOUL > bruno.renoul@nordeclair.fr
Quand il était petit, il voulait devenir policier pour « courir après les voleurs ». Rattraper les fuyards en tous genres pour leur passer les menottes, ce sera dès le mois d'août l'idée fixe du commissaire Olivier Dupas, qui va quitter la PJ de Lille pour le siège de la direction centrale de la Police judiciaire, à Nanterre, où il a été nommé la tête de la brigade nationale de recherche des fugitifs.
À 34 ans, Olivier Dupas est l'archétype du commissaire « bon vivant », amateur de rock'n'roll et de bonne chère, qui gagne l'estime de ses hommes en comprenant leurs préoccupations et en partageant leur quotidien. À cent lieues du profil de bien des collègues de sa génération, souvent distants de leurs hommes et enfermés dans une tour d'ivoire du haut de laquelle ils gèrent leur service comme une administration.
« La PJ, c'est le truc ultime »
C'est qu'Olivier Dupas est entré dans la police en empruntant les voies de la base. Celui qui a passé toute sa jeunesse dans la métropole lilloise a choisi de cocher la case service militaire au sein de la police, en tant que policier auxiliaire au commissariat de Marcq-en-Baroeul, en 2000. Pendant dix mois, de la garde des bâtiments à l'accueil du public en passant par les patrouilles de police secours et le premier volet de l'investigation, il a pu embrasser ce qui faisait le quotidien d'un gardien de la paix. Un atout incontestable pour commander.
Sa maîtrise de droit en poche, il passe en 2001 le concours de lieutenant de police, avec l'idée de devenir « inspecteur ». Et pendant sa scolarité à l'école des officiers de police, à Cannes-Écluse, il décide de tenter le concours de commissaire, histoire de se jauger pour les années suivantes.
« J'ai eu la chance de l'avoir », sourit Olivier Dupas. À la sortie de l'école de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, il dirige la Sûreté de Douai pendant trois ans, avant de seconder le patron de la Sûreté urbaine de Lille pendant un an et demi.
Et puis c'est l'entrée dans la PJ. « Quand tu aimes l'investigation, c'est le truc ultime, le rêve », confie Olivier Dupas, nommé en 2008 à la tête de la BRB (brigade de répression du banditisme). Le banditisme dans la région ? « Il n'y a pas vraiment de structure clanique comme dans le Sud. Ici, c'est plutôt un banditisme issu des cités. Les gars qui montent au braquage sont de plus en plus jeunes, de plus en plus violents. Il y a une progression plus rapide dans l'échelle de la délinquance. Leur manque d'expérience les rend du coup plus dangereux.... »
Le terrain de jeu devient national
Il aurait pu rester encore quelques années à la BRB. Mais il y a eu cette opportunité à Nanterre, le siège prestigieux de la police judiciaire : on lui a proposé la tête de la brigade nationale de recherche des fugitifs, au sein de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO). Le terrain de jeu s'agrandit et devient national pour Olivier Dupas. Détenus évadés, criminels en fuite, fugitifs étrangers réfugiés en France, le champ d'action sera des plus vastes. Avec une petite particularité : « Jusqu'ici, il fallait trouver le coupable d'un crime, maintenant, je sais qui chercher. Ça fait un peu chasse à l'homme. » Ce qui n'est définitivement pas pour lui déplaire. w