UMP Nord : vers un duel Lazaro-Daubresse ?
Publié le vendredi 25 juin 2010 à 06h00
Thierry Lazaro a annoncé hier qu'il serait candidat à la présidence de l'UMP Nord, sans doute contre Marc-Philippe Daubresse.
En toile de fond, la clarification idéologique au sein du parti, entre tradition gaulliste et sensibilité centriste.
À droite, l'heure de régler les comptes approche sérieusement. En faisant acte de candidature à la présidence de l'UMP du Nord, Thierry Lazaro veut signifier à son camp que le moment de se compter est arrivé. Histoire d'apurer le contentieux qui pourrit la vie du mouvement depuis que le deputé-maire de Phalempin, pourtant désigné par les militants, a été évincé au profit de la secrétaire d'État Nouveau Centre, Valérie Létard, pour les régionales. Cet automne, on pourrait donc assister au retour de la guerre des droites. D'un côté, Marc-Philippe Daubresse, ex-jeune giscardien, ex-UDF, ayant amené à Chirac une partie du centre-droit à l'UMP en 2002. On sait le ministre proche de Borloo, qu'il cite à tout bout de champ. Et qui dit proche de Borloo, dit forcément proche de Valérie Létard...
De l'autre côté, il y a la tradition gaulliste que voudrait incarner Thierry Lazaro. Lui manie volontiers un franc-parler populaire flirtant parfois avec le populisme. La venue de Charles Pasqua, hier à Phalempin, est de ce point de vue symbolique. Personnage contrasté, résistant, mais aussi fondateur du Service d'Action Civique, Pasqua était l'invité d'honneur de ce qui fut en fait une cérémonie de remise de brevet de gaullisme à Lazaro. L'ancien ministre parle, façon droite « décomplexée » à une salle conquise de « génie français », « de peuple capable de sursaut ». Mais n'hésite pas non plus à dire « aux 300 personnes qui n'ont rien trouvé de mieux que de mettre le feu aux voitures mardi à Paris parce qu'ils se sentent plus Algériens que Français qu'ils n'ont qu'à foutre le camp ». Applaudissements nourris du public...
Lazaro, lui, boit du petit lait et se restreint à jouer ad libitum le refrain du « "fric", qui n'est pas le maître-étalon de notre société » et de la « République une et indivisible qui permet à la caissière d'Auchan comme à Arnaud Mulliez de partager un dessein commun ». Sans oublier d'épingler son parti qu'il exhorte à revenir « aux fondamentaux » de la droite. Le discours est violemment anti-establishment, local (M.-Ph. Daubresse) comme national (Xavier Bertrand). Un discours souligné hier par la présence de Christian Vanneste au premier rang, alors que celui-ci a été mis à l'index au mois de mai par le patron de l'UMP national.
En rupture du parti Thierry Lazaro ? « Non, je ne suis que l'humble rapporteur des militants de base », jure-t-il la main sur le coeur. Mais un « rapporteur » qui veut aujourd'hui devenir le patron.
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S.L.



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