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L'auteur de la circoncision ratée de Tourcoing relaxé

Publié le 16/06/2010 à 00h00

La cour d'appel de Douai a confirmé hier après-midi la double relaxe obtenue à Lille par l'auteur de la circoncision ratée à Tourcoing.

L'auteur de la circoncision ratée de Tourcoing relaxé
La cour d'appel de Douai a confirmé hier après-midi la double relaxe obtenue à Lille par l'auteur de la circoncision ratée à Tourcoing.


Un bébé, le 20 janvier dernier, avait pourtant failli mourir.

Les motivations écrites du président Jean-Baptiste Avel, quand elles seront connues, seront examinées attentivement car la position de la cour d'appel peut sembler effectivement étonnante. D'ailleurs, le 5 mai dernier, lors de l'examen de l'affaire à Douai, l'avocat général Patrick Leleu l'avait déclaré d'entrée de jeu : « Le jugement de Lille, qui relaxe, est incompréhensible ».
De quoi s'agit-il ? Mazen M., 55 ans, qui affirme avoir des diplômes algériens mais dont la qualité de médecin n'est pas reconnue en France, pratique des circoncisions sur des bébés en dehors de tout cadre hospitalier, pour une somme de 150 euros.
Un bébé de quinze jours avait donc été circoncis dans l'après-midi du 19 janvier 2006 par Mazen M. L'opération est effectuée dans la salle à manger d'un modeste logis tourquennois.
Sauvé in extremis
Problème : l'enfant ne cicatrise pas, perd son sang petit à petit et devient de plus en plus léthargique. Le lendemain, le père, sentant que son bébé va passer de vie à trépas, le conduit au CHR de Lille. On le sauve in extremis, les experts sont d'accord là-dessus. L'affaire est signalée, les parents portent plainte.
La position de Me Florence Meilhac, qui défend Mazen M., l'emporte à Lille : pour l'avocate, il s'agit d'un rituel toléré qui n'a rien à voir avec la médecine.
En revanche Me Abderrhamane Hammouch, pour les parents, se scandalise : « Des parents se placent sous la protection des lois de la République parce que leur bébé a failli mourir et on leur dit qu'il ne s'est rien passé ! C'est incompréhensible ! » À Lille dans un premier temps, à Douai hier, Mazen M. a donc été innocenté des incriminations de « blessures involontaires » et « exercice illégal de la médecine ».
Espérons qu'on n'aura pas bientôt à reparler de cette position de la justice quand un bébé décédera des suites d'une circoncision ratée sur une table de cuisine...

DIDIER SPECQ

Nord Éclair