Affaire Cohen-Solal : Pierre Mauroy ira en correctionnelle
Publié le mardi 04 mai 2010 à 06h00
Pierre Mauroy, ancien président de la communauté urbaine, se retrouve mis en cause dans l'affaire de l'emploi de Lyne Cohen-Solal.Photo AFP
Après dix ans d'aléas judiciaires, l'ancien Premier ministre PS Pierre Mauroy a été renvoyé en correctionnelle dans l'affaire de l'emploi fictif présumé de Lyne Cohen-Solal, adjointe du maire de Paris, qu'il avait embauchée en 1992 à la communauté urbaine de Lille.
L'actuel sénateur du Nord et ancien maire de Lille de 81 ans devra donc bien, contrairement à ce que nous annoncions en janvier dernier, répondre des accusations de détournement de fonds publics pour lesquels il avait été mis en examen en juin 2008. Le parquet avait pourtant requis un non-lieu général en octobre dernier.
Mme Cohen-Solal, qui avait été mise en examen pour recel de détournement de fonds publics, et l'ancien directeur de cabinet de Pierre Mauroy, Bernard Masset, qui l'avait été pour « complicité », sont également convoqués devant le tribunal correctionnel.
Les sommes en cause citées au cours de l'instruction ont représenté l'équivalent de 19 000 euros.
Une plainte d'Éric Darques
Cette décision conclut une longue procédure, issue d'une plainte en juin 2000 d'Éric Darques, ancien élu local de la ville de Lambersart. Ce dernier avait fait valoir qu'en même temps que le poste d'attachée de presse pour la communauté urbaine exercé pendant dix mois en 1992, Mme Cohen-Solal avait occupé celui de rédactrice en chef de l'hebdomadaire du PS Vendredi, à Paris.
« Je suis satisfait qu'après presque 11 ans de combat, on reconnaisse que le dossier que j'ai déposé tient la route », a réagi M.
Darques, se félicitant que la juge d'instruction « ait fait part de son indépendance ». « C'est un combat que j'aurais souhaité ne jamais avoir été obligé de mener », a-t-il ajouté.
Dans le passé, la procédure avait connu de nombreux rebondissements. Elle avait été relancée par un arrêt de la Cour de cassation du 8 février 2006, qui avait jugé les faits non prescrits, entraînant la décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Amiens d'ouvrir une nouvelle information judiciaire.
Pierre Mauroy n'était pas joignable hier soir. Mais l'ancien Premier ministre, emblématique de l'Union de la gauche (1981-1984) avait été particulièrement affecté au moment de sa mise en examen. Il avait alors affirmé que pendant la période concernée, sa collaboratrice avait « parfaitement rempli sa mission » de promotion de la métropole lilloise et que sa « faible rémunération (...) n'avait pas été usurpée ».w


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