La Gosse, une petite entreprise qui pétille comme ses limonades
Publié le lundi 26 avril 2010 à 06h00
Entre 2500et 3500 bouteilles de limonade sortent chaque jour de la petite unité de production liévinoise, où Gaëtan Honoré, le patron, n'hésite pas à prêter main forte à ses 7 salariés. Ph. L. Maillard
Rachetée en 2007, alors au bord du dépôt de bilan, l'entreprise La Gosse, spécialiste des limonades aromatisées, traverse la crise un peu comme si elle était dans une bulle. Sans boire la tasse.
GAËLLE CARON > gaelle.caron@nordeclair.fr
Il répond au téléphone, prend les commandes, s'occupe un peu de paperasse et va même se poster en bout de chaîne pour empaqueter les bouteilles. Du bureau à la chaîne et de la chambre froide aux palettes prêtes pour l'expédition, Gaëtan Honoré est en perpétuel mouvement, sans perdre le fil de sa pensée. « Je ne suis pas le mec qui passe le mardi pour relever les compteurs. Je suis un patron-ouvrier qui vient tous les jours à l'usine et qui file même un coup de main en production. Mais les politiques n'ont rien compris. Les PME sont surtaxées. Comme si on roulait tous en Porsche Cayenne ! » Effectivement, pas de gros 4x4 allemand sur le parking de l'artisan-limonadier, installé sur la zone d'activités des Alouettes, à Liévin. Ni de costard Lanvin sur son dos. En jean-baskets-sweat à capuche, Gaëtan s'amuse comme un petit fou avec La Gosse. « Je veux une boîte ludique, qui pétille comme la limonade », dit-il. Pari relevé. Quand le Lillois, 42 ans, cadre du textile alors au chômage, rachète à bon prix, en novembre 2007, la société, celle-ci est au bord du gouffre. Dettes, procès aux prud'hommes, déficit d'image, « il a fallu relever les manches, s'impliquer à fond, avoir un vrai projet d'entreprise ». Pour moderniser sa marque, retravailler le logo, créer un site web, Gaëtan s'offre les services de « La boîte à meuh ! », une agence de communication basée à Bousbecque. « Le chiffre d'affaire a décollé, de 320 000 E à 750 000 E aujourd'hui. Nos ventes sont en progression de 25 % et je suis passé de 4 à 7 salariés. Par les temps qui courent, c'est pas mal, non ? », se félicite le patron.
Avec ses bouteilles en verre de 75 cl et ses bouchons mécaniques à l'ancienne, La Gosse, sur le marché de la limonade depuis 1930, joue plus que jamais la carte du produit artisanal haut de gamme, « vintage », mais pas ringard. « Les épiceries fines représentent 80 % de mon business, l'hyperdistribution même pas 10 %. C'est ma volonté, faire du qualitatif et ne dépendre d'aucun gros client. Je veux émietter », souligne Gaëtan Honoré.
Violette, coquelicot, fruits de la passion, pomme d'amour, bubble gum, barbe à papa, banane verte, pamplemousse rosé... La limonade La Gosse se décline aujourd'hui en 42 arômes, en canettes et en mignonnettes. Fines bulles, faible teneur en sucre, le goût de l'enfance, sans le nez qui pique et les caries.
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