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Une autre monnaie pour de nouveaux consommateurs

Publié le 23/04/2010 à 00h00

Créée il y a quinze ans en Belgique, la monnaie euro RES étend maintenant son réseau en France, avec une première expérimentation à Lille. Mode d'emploi d'un nouveau concept de consommation.

Une autre monnaie pour de nouveaux consommateurs
Créée il y a quinze ans en Belgique, la monnaie euro RES étend maintenant son réseau en France, avec une première expérimentation à Lille. Mode d'emploi d'un nouveau concept de consommation.


MARIE TRANCHANT > lille@nordeclair.fr
Pas question de remplacer l'euro. Plutôt de le compléter, d'offrir une alternative, de privilégier la qualité sur le tout-consommation, d'acheter et de vendre autrement. Le concept n'est pas nouveau, il est né il y a déjà quinze ans en Belgique. Cette fois, c'est en France que le réseau s'étend avec, pour ville pionnière, Lille et ses environs qui comptent pour le moment cinq enseignes adhérentes (1).
« RES est une coopérative, explique Walther Smets, le créateur. Les membres affiliés sont des commerçants locaux et le but est de les soutenir contre les grandes chaînes internationales. » Ancien commerçant, la problématique lui est familière. En quinze ans, le principe a séduit plus de 5 000 commerçants et plus de 100 000 utilisateurs belges.


Ces derniers peuvent se procurer et recharger leur carte par Internet. Monnaie scripturale, l'euro RES ne propose ni billets ni pièces. Pour le client, la carte s'utilise comme une carte bancaire classique, mais uniquement chez les commerçants adhérents (chez qui on peut aussi payer en euros), indépendants ou franchisés, mais aucune grande chaîne.

Solidarité
Et c'est là que réside l'état d'esprit de cette autre monnaie : « il y a une raison sociale, poursuit Walther Smets, un esprit de solidarité, de soutien au commerce local ». Dépenser des euros RES favorise le commerce de proximité. Koen Byttebier, qui tient un magasin d'arts de la table à Courtrai, parle même d'une « autre manière de consommer ». C'est ce qu'espère aussi Gilberto d'Annunzio, de la pizzeria et épicerie fine La Bottega, dans le Vieux-Lille : « C'est la philosophie qu'on défend depuis qu'on est installé. Critiquer, c'est important, mais il faut aussi penser à ce qu'on peut faire pour demain, court-circuiter les systèmes qui ne fonctionnent plus. » Il y aurait donc une forme de militantisme dans le réseau, « un peu utopique », sourit Gilberto d'Annunzio. Et pour les clients, des économies aussi : rechargez pour 90 E sur votre carte et vous aurez 100 E euros RES. Il faudra encore attendre quelques semaines cependant pour en profiter. Pour le moment, seuls les commerçants adhérents testent le système. En Belgique, on trouve de tout dans ce réseau, assurent les responsables : du boulanger à l'imprimeur, en passant par l'entreprise de construction... De quoi faire des achats « responsables » au quotidien.
Et Walther Smets estime que le contexte de crise favorisera l'implantation du concept en France. « On a une base solide et valable. On a déjà une expérience réussie qu'on peut appliquer. » Pour donner au consommateur l'occasion de choisir, d'acheter des produits d'artisans. Gilberto d'Annunzio, un des premiers à avoir adhéré, y croit : « Plus on sera nombreux, plus on sera à l'abri ! Ça peut changer beaucoup de choses... Au moins, on aura essayé ! »w (1) In Bocca al lupo (restaurant, Lille) ; La Bottega (restaurant et épicerie fine, Lille) ; Point d'Org (informatique, Pérenchies) ; Anto (restaurant, Lille) ; Bioweekend (produits et alimentation bio, Pérenchies). www.res.be. Tél. : 06.81.19.62.06.

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