Coeur de Pirate, plat comme une mer d'huile
Publié le mardi 20 avril 2010 à 06h00
Coeur de Pirate a clos de façon insipide le festival des Paradis Artificiels. Photo Ludovic Maillard
De quoi se méfier, mais aussi de quoi aiguiser notre curiosité. Coeur de Pirate squatte les ondes depuis une bonne année. Un matraquage inépuisable.
Qui n'en finit pas de se faire entendre. Et sur scène donc ? Rien de très original, ni de très puissant. Ce concert, c'est un peu comme plonger la main dans un paquet de bonbons acidulés. Sauf que les parfums n'ont pas tous la même saveur.
Béatrice Martin minaude des comptines totalement inoffensives et naïves. Une voix enfantine qui bouffe les mots et rend la compréhension des textes plus qu'aléatoire. Crispant. Derrière son piano, la jeune Québécoise enquille les morceaux formatés, sans épines, profondément marqués par le sceau de la variété FM (Le long du large, Ensemble, Pour un infidèle). Aucun des codes supposés du genre n'est ici épargné. Parfois le charme agit, comme avec cet ukulélé sautillant (Printemps). Souvent, c'est l'agacement qui nous saisit, devant ces sempiternelles fins de phrases traînantes et ces ambiances figées dans le formol. À force, les oreilles s'engluent. L'interprétation manque aussi tellement d'aspérité qu'on ne peut éviter d'être gagné par la lassitude ou l'ennui.
Coeur de Pirate glisse sans surprise l'indigeste et irritant Comme des enfants - incompréhensible meilleure chanson de l'année aux dernières Victoires de la musique - en fin de parcours. Une soupe populaire au romantisme excessivement niais. w
PATRICE DEMAILLY
Retrouvez l'album photos du concert sur www.nordeclair.fr




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