La main tendue de l'UMP aux abstentionnistes
Publié le jeudi 18 mars 2010 à 06h00
La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie (au centre), est venue remonter le moral des troupes et soutenir Valérie Létard.
Si dimanche les abstentionnistes votaient pour la droite, celle-ci pourrait emporter la Région. C'est le rêve qu'ont fait hier ensemble les militants et les élus de la Majorité présidentielle.
VIOLAINE MAGNE > violaine.magne@nordeclair.fr
C'est une vieille technique : mieux vaut une minuscule salle bondée qu'un Zénith vide. Hier, dans la salle d'un hôtel de Lesquin, s'entassaient 500 personnes venues de toute la région. Pour ce meeting d'entre-deux-tours, tout le ban et l'arrière ban de la droite régionale était là, de Francis Vercamer à Bernard Gérard, en passant par Gérard Vignoble ou Marc-Philippe Daubresse.
Comme à son habitude, ce dernier assume son rôle de Monsieur Loyal, jamais en reste d'un jeu de mots. Il se délecte du spectacle des tractations à gauche commentant avec son accent ch'ti de Lambersart : « Comme dirait min grand-mère : "on nous prend pour des babaches ou des bobos" » . Et se désole du vote FN mais sans le stigmatiser.
« Mi-temps »
Car c'est justement « ces électeurs qui ont voulu marquer un témoignage », comme elle les nomme pudiquement, que Valérie Létard veut convaincre. En clair, ceux qui ont voté pour Marine Le Pen, une liste qui « ne pourra jamais exercer de responsabilités et qui ne porte aucun projet d'aucune nature ». Et surtout ceux qui se sont abstenus : « Ceux-là, il faut leur dire que nous les avons entendus », a lancé la tête de liste. « Il faut leur dire que la Région a une puissance de 2,2 milliards, qu'elle a des compétences pour accompagner économiquement nos communes ». Ajoutant avec force : « Les jeux ne sont pas faits, nous ne sommes qu'à la mi-temps ».
Une partition sur laquelle a enchaîné la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, invitée hier pour remonter le moral des troupes. « On vous dira que c'est joué, mais non, une élection se gagne voix par voix et on va les chercher avec les dents s'il le faut ! » En deux trois phrases, elle dézingue les sondages, fustige la presse et tous ceux qui donnent la droite perdante... Et toujours dans la métaphore guerrière, elle reprend même à son compte la devise d'un commando de parachutistes : « Qui ose gagne » !
Dans son élan, elle va même jusqu'à citer le nom d'un grand absent de la campagne, Nicolas Sarkozy, pour en appeler à la grandeur de la France. Mais quand elle reprend les thèmes nationaux sarkozystes, comme celui de la sécurité, ça résonne en décalage avec la campagne de terrain de Valérie Létard surtout axée sur la solidarité. Pas sûr que cela contribue à convaincre ceux qui avaient choisi le vote sanction.w


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