Expulsions : la fin de la trêve hivernale
Publié le mardi 16 mars 2010 à 06h00
Au siège de l'association «Cololo» (insertion par l'habitat), Julien (à droite) a trouvé du soutien pour aider sa tante menacée d'expulsion.
Depuis hier minuit, terminé la trêve hivernale qui empêchait jusqu'ici toute expulsion locative. Les associations, qui réclament à l'État une suspension des expulsions, doivent maintenant agir en urgence pour aider les plus démunis.
CHRISTELLE JEUDY > christelle.jeudy@nordeclair.fr
La fin de l'hiver ne fait pas que des heureux. Sur le front du logement, c'est chaque 15 mars la même angoisse qui saisit des milliers de familles de la région. En 2008, la préfecture du Nord a recensé 4 534 assignations et 2 099 commandements de quitter les lieux - manière administrative de dire expulsions - ont été délivrés dans le département. « Sachant que l'arrondissement de Lille concentre à lui seul plus de la moitié des procédures », souligne-t-on en préfecture où on affiche, toujours en 2008, 120 recours effectifs à la force publique. Une situation que les associations ont dénoncée samedi dans les rues de Lille. Pour la responsable régionale de la fondation Abbé Pierre, Stéphanie Lamarche-Palmier, « les expulsions reprennent à chaque fois plus fort chaque année, de plus en plus judiciarisées, on tente moins de trouver des accords à l'amiable. » Depuis 10 ans en France, « les décisions de concours de la force publique pour expulser ont augmenté de 87 %. » Et ce n'est pas la crise économique et sociale qui risque d'arranger les choses. « Les ménages en situation d'impayés de loyers étaient déjà 500 000 avant la crise. La fondation Abbé Pierre réclame un moratoire, une suspension des expulsions locatives jusqu'au moins la fin de l'année 2010, pour avoir le temps de trouver des accords », martèle la déléguée régionale. Ce à quoi le secrétaire d'État au Logement, Benoist Apparu, a déjà répondu par la négative. « En 2010, nous souhaitons mettre l'accent sur la prévention des expulsions et disons aux préfets que si recours à la force publique il y a, il faut prévoir en même temps un hébergement adapté », a ainsi indiqué le secrétaire d'État. De bonnes résolutions qui ne collent pas forcément avec la réalité. À Armentières, l'association « Cololo », antenne d'Oslo sur la Flandre intérieure, l'équipe de Carole Casier a reçu ces sept derniers mois une quarantaine de familles « en voie d'expulsion ou qui ont failli l'être. » Et à chaque fois, l'association a pu agir. Ce qu'elle compte bien faire pour la tante de Julien : âgée de 54 ans, veuve depuis peu, malade et récemment hospitalisée après une chute, celle-ci a été « sommée » par avis d'huissier de quitter sa location pour le 29 mars. « Ils sont même rentrés chez ma tante alors qu'elle était hospitalisée, soi-disant pour évaluer les biens », témoigne Julien.
« Des abus de pouvoir »
La tante du jeune homme a une dette de loyer, mais pas énorme. Surtout le propriétaire, qui ne voulait déjà pas faire de travaux, est soupçonné d'avoir déjà vendu la maison louée. « Alors il impressionne sa locataire, ce sont des abus de pouvoir et ça marche souvent », regrette Carole Casier pour qui la meilleure façon de prévenir une expulsion est « d'en parler, de contacter une association qui pourra renseigner sur ses droits. » Et épauler les personnes menacées d'expulsion. Comme Julien qui avoue se « sentir moins seul » et donc plus fort pour aider sa tante.w « Cololo », antenne d'Oslo, 45, rue Bayart à Armentières, tel. 03.20.38.18.09.
Allo prévention expulsions, plateforme de la fondation Abbé Pierre au 0810.001.505.


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sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...
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emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...