Décomposition d'un côté, reconstruction de l'autre ?
Publié le mardi 16 mars 2010 à 06h00
Le premier tour des régionales 2010 propose une nouvelle lecture des rapports de forces au sein du paysage politique français. La droite parlementaire, qui a toujours pâti de ses divisions, souffre aujourd'hui d'une union tellement absolue qu'elle semble en décomposition.
Alors que la gauche de gouvernement qui, elle, a tant souffert des multiples ambitions personnelles des dirigeants du PS se retrouve dans une phase de reconstruction de ses familles politiques et de ses systèmes d'alliance.
Revenons sur le premier terme du binôme, celui de la décomposition de la droite républicaine. Son offre politique s'est étiolée. Même aux meilleurs moments de la droite gaullienne, qui savait abriter la quasi-totalité de la « famille », il y avait toujours un centre droit ou des partis politiques plus libéraux que les gaullistes sur le plan économique, avec qui les « barons » de l'UNR et plus tard du RPR pouvaient passer des accords de deuxième tour ou même de gouvernement. Le camp politique était organisé de telle façon que, malgré une hégémonie gouvernementale d'un parti, il restait un espace politique pour que la diversité de la droite s'exprime. Or à quoi assistons-nous aujourd'hui, si ce n'est à une droite certes unie, mais solitaire ?
Le centre a été « tué » au sens politique du terme lors de la présidentielle. Seule reste une droite extrême toujours aussi gênante dans un système électoral à deux tours où le seuil de maintien dans la compétition est fixé à 10 %. On ne peut parler de façon définitive de décomposition. En revanche, la panne stratégique est bien réelle. Difficile de sortir du piège que la droite s'est elle-même tendu.
Quant à la gauche, son espace politique s'est dégagé. Elle a retrouvé des systèmes d'alliance qui lui permettent de mener le combat pour être majoritaire. D'une part, l'écologie politique constitue un courant qui est à la hausse dans la société française et qui semble avoir trouvé sa place dans le paysage politique. D'autre part, le Front de gauche, qui rallie une gauche dure de gouvernement à ce qui reste du PCF, donne une aile gauche au système d'alliance tout en dépossédant l'extrême gauche d'une partie de son électorat. Et enfin le Parti socialiste a trouvé une assise locale et régionale forte et couvre un espace politique suffisant pour stabiliser une architecture d'union dans le cadre électoral. Rajoutons à cela que le MoDem, qui jouait les trouble-fête jusqu'à dimanche dernier, n'est plus en mesure de déranger les tractations entre les trois courants. En politique, rien n'est jamais sûr ; nonobstant, le terme reconstruction n'est pas impropre. La gauche a les moyens de se rebâtir si les rivalités personnelles au sein du PS ne viennent contrarier une configuration favorable.w



![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



DJP : Ca sent ''l'aigritude''
Abde : Elle va diviser aux legislatives entre le front Aubry...
sam agace : Pauvre Slimane, Martine Aubry n'est pas ministre. C'est...
sirius59 : C'est comme pour "le reste", plus c'est gros plus ça passe...