MATHIEU THUILLIER ET AURÉLIE JOBARD > tourcoing@nordeclair.fr
Placé en redressement judiciaire depuis l'été dernier, le 29 juillet exactement, Quelle - La Source connaîtra le nom de son repreneur, lundi à 15 heures. Trois dossiers restent en lice. Zannier (les habits pour enfants), Daniel Bréchignac et les 3 Suisses International, qui reprendraient 131 personnes (les deux autres reprendraient respectivement 36 et 80 personnes). Hier, le tribunal de commerce d'Orléans a rendu « un avis favorable » au projet de reprise du vépéciste nordiste. « L'audience s'est bien passée », se félicitait d'ailleurs à la sortie du tribunal Delphine Scherpereel, secrétaire du CE de Quelle - La Source.
« On n'est pas morts ! »
Le matin même, le catalogue Printemps été 2010 sous le bras, les salariés s'étaient regroupés au pied de la tour Mercure à Tourcoing où la société de vente par correspondance a ses services achat, marketing et commerciaux et emploie 165 personnes (le siège social est à Saran, dans le Loiret). Un débrayage d'une heure, symbolique et solidaire de la soixantaine de collègues partis tôt hier matin en direction d'Orléans, là où devait se jouer leur sort.
Pour eux, il s'agissait surtout de témoigner de leurs espoirs en l'avenir. « On n'est pas morts, on bosse, martèle cette employée, 20 ans de maison. On a sorti le catalogue, on prépare le prochain, on livre nos clients... Ce n'est pas contre les repreneurs qu'on en a, au contraire on fonde beaucoup d'espoirs sur eux. Les 3 Suisses, notamment, qui sont de la région et du métier. Être rachetés, c'est plutôt une bonne chose, même si ça n'empêchera pas un plan social. » C'est à Aurélius, le fonds d'investissement allemand qui les a rachetés en 2007, qu'ils en veulent. « L'actionnaire Aurélius n'a pas tenu ses engagements. Il n'a pas pris les mesures nécessaires pour sauvegarder la pérennité de l'entreprise mais au contraire l'a gérée en fonction de ses intérêts propres en s'appropriant une grande partie des actifs », communiquent les représentants du CE. « L'objectif d'Aurélius était de nous redresser, on est en... redressement judiciaire », résume, amer, un salarié. « On est inquiet. Qui va nous reprendre ? Et combien d'entre nous ? », s'interroge une autre.
Inquiétudes et questions partagées par les... syndicats des 3 Suisses. « Je trouve que c'est une très bonne chose de reprendre ces salariés de Quelle mais la direction doit savoir qu'elle a des droits mais aussi des devoirs et qu'elle ne doit pas s'amuser avec les salariés, rapporte Fatiha Bouzaoui, secrétaire CGT. Peut-être que ce rachat est une bonne opportunité mais il est pour nous difficile de le savoir.
Nous n'avons que très peu d'informations à ce sujet. Concrètement, la CGT souhaiterait savoir quel impact cela aura chez les 3 Suisses ? Enfin, la direction n'a pas arrêté de nous dire qu'il n'y avait pas d'argent.... Ce n'est pas très cohérent tout ça. Reste à espérer que les salariés de Quelle repris par 3 Suisses ne se retrouveront pas sur le "carreau" dans un ou deux ans. » Véronique Desremeaux, de la CFTC, assure, elle aussi, pour avoir rencontré les salariés de « Quelle » jeudi, « que c'est une très bonne nouvelle pour eux, ils sont vraiment en détresse mais des questions se posent sur les conditions dans lesquelles certains seront repris ».
Premiers éléments de réponse lundi ?w