« Des hommes, pas des portiques ! »
Publié le samedi 13 mars 2010 à 06h00
Hier, les enseignants ont reproché au gouvernement de mettre en péril l'enseignement sous prétexte de faire des économies budgétaires.
Ils étaient 11 % de grévistes hier, selon le rectorat : vers 14 h 30, près de 2 000 personnes ont manifesté à Lille pour dénoncer, dans les établissements scolaires, des conditions de travail « déplorables ».
MATTHIEU DELACHARLERY ET MARIE GOUDESEUNE > region@nordeclair.Fr
« Ils sont en train de saigner le monde de l'éducation », lit-on sur les p ancartes. À l'appel de plusieurs syndicats, dont le Snes-FSU et SUD-Éducation, le monde de l'enseignement manifeste. Et proteste, dans les rues de Lille, contre la « dégradation des conditions de travail » dans les établissements scolaires. Près de 2 000 personnes marchent depuis la porte de Paris jusqu'à la place de la République. Objet du litige : les suppressions de postes et le manque de moyens dans les collèges et lycées.
« À la rentrée, six postes vont être supprimés au lycée Fénelon de Cambrai. Le gouvernement met en péril l'enseignement pour faire des économies budgétaires ! », s'emporte Anne Guillemain, professeur de français.
« Faire capituler Chatel »
En filigrane, les revendications portent également sur la réforme du lycée initiée par le ministre de l'éducation Luc Chatel. Équipés de pancartes et de mégaphones, les manifestants clament que « les établissements sont sur le point d'exploser. » « Il faut qu'enfin on nous entende », entend-on çà et là. À l'image du lycée Fénelon de Lille, en grève depuis une semaine, plusieurs établissements ont mené des actions ces derniers jours. Le rectorat évaluait hier matin à 11 % le taux de grévistes, tous personnels confondus dans l'académie de Lille. « Il est évident que cela ne suffira pas à faire capituler Chatel, mais ce mouvement montre que la situation est compliquée dans tous les niveaux du monde de l'éducation », explique Philippe Lestang, secrétaire départemental du SNES.
Côté lycéens, on s'inquiète de voir la réforme préférer les équipes mobiles de sécurité (EMS) à des moyens pédagogiques : « Pourtant, il faut faire confiance aux lycéens, on peut dialoguer ! La solution, c'est plus de surveillants, des médiateurs, des enseignants, et non pas des gendarmes ou des militaires ! On veut des hommes, pas des portiques ! », affirme Toutik Mohamed, représentant du syndicat des lycéens FIDL.
Le syndicat des parents d'élèves (FCPE) s'est joint au mouvement hier. Des enseignants du lycée Fénelon de Lille ont distribué des tracts pour inviter à un « rectorathon » : l'idée étant de faire une « quête symbolique » cet après-midi, dès 14 h 30 entre la rue de Béthune et la rue Neuve, pour « compenser les baisses de finances du Rectorat ». Le mouvement, semble-t-il, est loin d'être fini...w


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