Lemahieu, entreprise textile qui fait face à la crise
Publié le lundi 08 mars 2010 à 06h00
Le site de Lemahieu s'étend sur 10000m². À ce jour, 110 personnes y travaillent, en majorité des femmes.
Comment une entreprise textile du Nord parvient-elle à se maintenir tout en faisant du « made in France » ? Réponse à Saint-André-lez-Lille, sur le site de Lemahieu, fabricant de sous-vêtements.
Lemahieu SA n'est pas un nom inconnu. Pour cause : cette entreprise spécialisée dans la bonneterie, la création et fabrication de textile en maille existe depuis 1947. À Lambersart d'abord, puis à Saint-André-lez-Lille dès 1969 : « Nous sommes des fabricants au sens noble : tout est produit ici, depuis la création jusqu'à l'expédition, en passant par le tricotage et la confection de sous-vêtements classiques et chauds » , explique Olivier Diers, co-dirigeant de l'entreprise avec Édith Lemahieu, son épouse, fille du fondateur.
Produits français mais spécialisés
Si la société est toujours sur pied après 60 ans d'existence, c'est, d'après le couple dirigeant, parce qu'elle a su s'adapter aux circonstances.
« Quand je suis arrivée dans l'entreprise, en 1978, c'était le début des externalisations du textile », raconte ainsi Édith Lemahieu.
L'entreprise fait le test de l'externalisation dans différents pays : « Le Maroc, l'Inde, la Chine..., se souvient Olivier Diers.
Mais quand une grosse partie de votre fabrication se fait en France, on voit tout de suite la différence en termes de qualité et de fiabilité des délais. » Lemahieu restera donc intégralement en France. À condition toutefois d'opérer quelques changements : « Nous avons arrêté la gamme Achel où nous avions une concurrence directe avec les pays d'exportation. » À la place, le couple se lance dans des produits innovants (voir ci-dessous). Après être passé par un plan social - 60 licenciements - en 2006, il a vu son chiffre d'affaires remonter, cette année, de 20 %.
Les teintures n'ont pas lieu en France « car on n'y trouve plus de teinturiers », mais tout le reste est fabriqué sur le site de Saint-André, près de Lille. Comme l'expliquent Olivier Diers et Édith Lemahieu, « notre objectif, désormais, c'est de s'ouvrir à l'export, et surtout de se pérenniser ».
MARIE GOUDESEUNE


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