Lens, citadelle imprenable
Publié le dimanche 07 mars 2010 à 06h00
Près de 600 policiers et gendarmes, à pied, en voiture ou à cheval, assuraient la sécurité de la ville. Photo L M.
Impressionnant dispositif de sécurité tout autour de Bollaert et dans la ville hier. Au total, 550 policiers et gendarmes ont canalisé toute intrusion de supporters parisiens, malveillants ou pas. Avant et après le match Lens-PSG, malgré la tension, c'était le calme plat. Ou presque.
SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
Hier soir pour rentrer au « dancing club de Lens », c'était tenue correcte exigée. Marjorie en a fait les frais quelques secondes seulement avant l'entame du match. Venue de Carvin, ce n'est pas du Sang et Or qui coule dans ses veines. Mais du sang bleu parisien. Au pire, habituellement, c'est une faute de goût dans le « 6-2 ». Mais hier, porter, comme elle, un imper' aux couleurs du PSG, c'était s'exposer au carton rouge. « Pas de signes distinctifs à l'intérieur du stade, mademoiselle. C'est comme ça, vous le saviez », intime un policier du haut de son cheval. Prière de se débarrasser de la parka fautive sans quoi, pas de match. Marjorie y consent finalement.
70 interpellations
Retour à la voiture pour se délester de l'encombrante tunique, le souffle des chevaux sur la nuque. « Là, ouais, je suis déçue. Moi je venais voir un beau match, peu importe si Lens gagne 3-0, je venais pas traiter les supporters... j'aime le sport, j'aime le PSG. Voilà... » Et les provocateurs potentiels, ceux qui voulaient passer entre les mailles du filet de la suspension de la vente des billets aux groupes de supporters par le PSG, où étaient-ils ? Le dispositif de sécurité inédit déployé hier - 550 hommes répartis non seulement aux abords immédiats de Bollaert, mais aussi dans toute la ville - a porté ses fruits : la sous-préfète de Lens faisait état hier soir de 70 interpellations pour vérification d'identité et cinq gardes à vue, pour port d'armes ou jet de projectile, sans compter une trentaine d'autres interpellations à la gare du Nord. Certains ont été verbalisés puis relâchés, une fois leurs billets confisqués. Devant les grilles du stade, Damien Vanoise, le « M. Sécurité » du Racing, confirmait aux nombreuses caméras que « tout était calme et qu'il n'y avait rien à craindre ». Au final, les seules échauffourées ont été le fait de deux groupes de supporters... lensois. Devant le café « le Bollaert », on prend les choses avec philosophie. Marc et ses amis sirotent une bière tout en regrettant « la psychose médiatique autour de ce match. Ça gâche un peu la fête. On parle plus de la sécurité que du match ». Philippe, lui est monté de Doullens, en Picardie, jusqu'ici. Maillot Sang et Or sur le poitrail, il trouve à la fois « rassurant » et « incroyable » qu'on ait mobilisé autant de troupes pour un simple match de foot. « À ce niveau-là, c'est plus du sport. Nous, on vient pour s'amuser. Ça fait 42 ans que je viens ici, j'ai jamais vu ça » . Hier, au moins en ville, Lens était une citadelle imprenable. w





